Il arrive que Paris attire les regards pour les meilleures raisons du monde. C’est ainsi qu’il y a soixante-dix ans y fut signée la Déclaration universelle des droits de l’homme. La France avait choisi de ne pas donner un éclat particulier à cet anniversaire.

Eleanor Roosevelt devant l'affiche de la déclaration des droits de l'homme, version USA, en novembre 1949.
Eleanor Roosevelt devant l'affiche de la déclaration des droits de l'homme, version USA, en novembre 1949. © Radio France

Il arrive que Paris attire les regards pour les meilleures raisons du monde. C’est ainsi qu’il y a soixante-dix ans y fut signée la Déclaration universelle des droits de l’homme. La France avait choisi de ne pas donner un éclat particulier à cet anniversaire. Sa diplomatie se revendique d’ailleurs de moins en moins des droits de l’homme. Elle n’est pas la seule à être gagnée par le doute. Le 11 novembre, Angela Merkel, en visite mémorielle dans notre pays, se demandait si nous serions encore capables, en tant qu’assemblée des nations, d’approuver la Déclaration.

En 1948, la monstruosité de la Seconde Guerre était inscrite dans les esprits et la guerre froide n’avait pas encore grippé les mécanismes de régulation internationale. Les négociateurs de la Déclaration avaient tiré le parti qu’ils pouvaient de cette éclaircie exceptionnelle. Ils appartenaient généralement à des pays de tradition libérale.

Dans leur esprit, la Déclaration devait s’accompagner d’autres textes qui auraient dû la rendre contraignante pour les états signataires. Il reste qu’elle existe. Elle demeure comme une référence et une plate-forme dans laquelle peuvent s’emboîter des instances, au niveau régional par exemple, et des pactes, sur des questions spécifiques. Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui doit être entériné aujourd’hui à Marrakech est de ceux-là.  Il témoigne d’un mûrissement de la Déclaration et n’a pas plus de valeur contraignante qu’elle. Mais il déclenche une campagne d’opposition dans des pays qu’on croyait jusqu’ici acquis à l’esprit de la Déclaration.

Barack Obama disait un jour : _« Les droits de l’homme sont universels mais tout le monde n’est pas d’accord avec moi. »  _On savait déjà que l’esprit de la Déclaration avait été contesté par les régimes marxistes puis ceux des pays en développement ou émergents. On savait l’opposition d’une grande partie du monde musulman. Mais la nouveauté est que, cette année, l’opposition au Pacte est  menée depuis les Etats-Unis par le successeur d’Obama et, en Europe, par les pays il-libéraux qui mettent plus haut que tout leur souveraineté nationale.

Programmation musicale : Moment musical en fa min op 94 n°3 de Schubert, par Anne Quéffelec.

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