Fariba Adelkhah est une anthropologue et une observatrice de terrain. Inlassablement, elle a essayé d’expliquer que l’Iran contemporain était un pays de paradoxes. Certes pas une démocratie mais pas un état totalitaire.

Fariba Adelkhah en février 2019 sur franceinfo:
Fariba Adelkhah en février 2019 sur franceinfo: © Radio France

S’il est une chercheuse et une enquêtrice de terrain qui mérite d’être écoutée, c’est Fariba Adelkhah.

Néanmoins elle n’a pas toujours été bien entendue en France.

Née en Iran, elle a commencé ses études à Strasbourg en 1977. Ce n’est donc pas une émigrée de l’époque de la révolution. Il ne faut pas non plus attendre d’elle une condamnation de la république islamique : elle n’est pas une militante.

Elle ne se présente pas même comme politologue : c’est une anthropologue et une observatrice de terrain.

Inlassablement, elle a essayé d’expliquer que l’Iran contemporain était un pays de paradoxes. Certes pas une démocratie mais pas un état totalitaire. Un espace public saturé par la religion d’état mais où la religiosité s’exprime localement dans une diversité insoupçonnée. Un espace où les femmes doivent porter des tenues qui sont à la fois une prison et un passeport : si les femmes n’avaient pas participé massivement et dans cette tenue à la révolution, elles n’auraient pu conserver et élargir les avancées dont certaines d’entre elles avaient bénéficié sous la monarchie.

Fariba Adelkhah a aussi beaucoup travaillé sur la circulation d’iraniens dans la région, au sens vaste. Mollahs, commerçants, contrebandiers. Elle est familière de l’Ouest de l’Afghanistan, des régions du Golfe, de l’Afrique de l’Est. Son dernier grand livre s’intitule « Les mille et une frontières de l’Iran ».

Nul doute que cette activité incessante a compté dans l’accusation d’espionnage dont l’a chargée le régime en l’emprisonnant en juin 2019. Depuis janvier 2020, cette accusation a été levée. Mais Fariba Adelkhah est encore détenue – dorénavant dans une aile de la prison de Téhéran qui ne dépend pas des Gardiens de la révolution. Son compagnon Roland Marchal a été arrêté lui aussi ; Fariba Adlekhah poursuit la grève de la faim qu’elle a entamée le 24 décembre. Le président Macron a encore une fois demandé au président iranien, le 7 janvier, sa libération immédiate ainsi que celle de Roland Marchal.

Bibliographie

  • Ouvrages de Fariba Adelkhah
  • Les mille et une frontières de l'Iran  - Quand les voyages forment la nation Karthala
  • La révolution sous le voile  - Femmes islamiques d'Iran Karthala
  • Les paradoxes de l'Iran  - Idées reçues sur la République islamique La cavalier bleu
  • Ramadan et politique CNRS Editions
  • Etre moderne en Iran Karthala
  • avec Jean-François Bayart Voyages du développement - Emigration, commerce, exil Karthala

Le site du Comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal

Le blog de Jean-François Bayart

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