L’évolution de la vie de bureau depuis Gaston Lagaffe, même si nous ne l’avons connue qu’en images, dans les magazines et les émissions de télé, a de quoi déconcerter. Elle s’apparente, comment dit-on aujourd’hui, à une… disruption.

Bureau en open-space en 1936
Bureau en open-space en 1936 © Getty / Hulton Deutsch

Rediffusion du 03/09/2018

Notre point de départ, puisqu’il faut en choisir un et qui ait des caractéristiques incontestables, ce sera Gaston Lagaffe ! À son époque s’amorce une transition. Le bureau d’entreprise, en l’occurrence, dans Gaston Lagaffe un journal, présente encore les traits du modèle administratif uniformisateur à la Balzac. Mais  les employés tentent de se dessiner un petit domaine individualisé tandis que les équipements techniques commencent à transformer l’espace. 

L’informatisation est un des facteurs qui expliquent la création d’immeubles tout entiers dédiés aux bureaux, souvent loin des  centres-villes traditionnels. On va y privilégier l’open space, à l’exemple des Etats-Unis. Il n’a pas gagné sur tous les fronts mais  il a longtemps fait figure de modèle stratégique. Combien de fois n’a-t-on pas soutenu qu’il favorisait la visibilité et la fluidité. Il faudrait ajouter : la conformité de chacun. 

Work place: changement de l’implantation géographique des bureaux.

Open space: changement de leur disposition. Maintenant la tendance  serait à… l’open desk

Le salarié, de plus en plus  itinérant, se pose où il peut au siège de sa société les jours où il la  rejoint. Et le soir, il fait place nette – clean desk. Le nouveau modèle, c’est l’hôtellerie. Une conciergerie, des espaces  pour le travail ou pour la conversation. Et sinon des chambres, du moins  des hamacs ou des canapés. Sans oublier le coin babyfoot. Très  important, le babyfoot ou le ping-pong pour le fun office

Tout ceci se dit en effet en novlangue. Ne sont évidemment concernés par ce californisme sucré que peu de salariés. Il n’empêche, l’évolution de la vie de bureau depuis Gaston Lagaffe, même si nous ne l’avons connue qu’en images, dans les magazines et les émissions de télé, a de quoi déconcerter. Elle s’apparente, comment dit-on aujourd’hui, à une… disruption. Au secours, il faut nous reprogrammer !

Gaston Lagaffe (photo tirée d'une exposition en 2007)
Gaston Lagaffe (photo tirée d'une exposition en 2007) © AFP / Jacques Collet

Bibliographie : 

  • Le syndrôme de la chouquette. Ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau écrit par Nicolas Santolaria (Anamosa)
  • Le Stress au travail. Un enjeu de santé écrit par Patrick Légeron (Editions Odile Jacob)
  • L'art de vivre au bureau écrit par Elisabeth Pélegrin-Genel (Flammarion)
  • Comment (se) sauver (de) l'open-space ? Décrypter nos espaces de travail écrit par Elisabeth Pélegrin-Genel (Editions Parenthèses )
  • La novlangue managériale. Emprise et résistance écrit par Agnès Vandevelde-Rougale (Eres)
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