Marie-Antoinette aurait-elle encore de la force une fois passée de l'autre coté de la guillotine ? On disait aussi que les têtes décapitées saccageaient de leurs dents le fond du panier ? Qu’il fallait en conséquence changer régulièrement.

Le Petit Journal illustré du 8 août 1891 "La guillotine attend l'arrivée de Doré et de Berland"
Le Petit Journal illustré du 8 août 1891 "La guillotine attend l'arrivée de Doré et de Berland" © Inconnu / Inconnu

Naguère, on avait bien cru que Saint Denis avait marché le long de la Plaine qui porte son nom jusqu'à Paris, sa tête à la main. Les dernières semaines de la Terreur, le rythme des exécutions avait été tel que des légendes du même ordre pouvaient bien pousser au pied de l'échafaud.

Mais le milieu médical lui-même, où avait mûri pourtant l'idée d'une exécution prompte et douce, était lui-même saisi par le doute. Et ce dès les premières années de pratique de la guillotine : le débat l'agita ensuite à de nombreuses reprises, pendant cent cinquante ans. La mort intervient-elle instantanément ? La conscience perdure-t-elle un moment ?

Du coup, dès 1798, la guillotine, de châtiment, devint un champ d’expérience. Pour vider les querelles, les corps et surtout les têtes sectionnés sont soumis à toutes sortes de sollicitations. Jusqu'à l'électrisation voire la transfusion.

Lorsqu'on croit, disait Camus, qu'on peut faire mourir sans faire souffrir, c'est qu'on manque d'imagination. Les médecins, en la matière, n'en ont pas manqué.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.