Dans les années 60 on regardait la télévision, les yeux écarquillés, comme un oiseau qui prenait son envol. Averty indiquait une des directions qu’elle pouvait prendre.

Jean-Christophe Averty
Jean-Christophe Averty © Getty / Sergio Gaudenti

« Ça vous intéresse, les années 60 ? s’étonnait-il. Mais vous ne les avez pas vécues ? » Averty proclamait qu’il ne datait que de lui-même. Néanmoins il a passé des milliers d’heures à recueillir la parole des vieux artistes et musiciens et à chiner dans les brocantes jusqu’à transformer sa maison en une affolante caverne d’Ali Baba.

Oui, donc les années 60 nous intéressent - comme nous intéressent d’ailleurs toutes les années. On regardait alors la télévision, les yeux écarquillés, comme un oiseau qui prenait son envol. Jean-Christophe Averty indiquait une des directions qu’elle pouvait prendre. A l’inverse de ceux, nombreux, qui se scandalisaient de ses facéties, le vieux Mauriac encourageait Averty à se débrider et à se déchaîner encore davantage. « A chacun sa nature ; ce que nous devons juger en lui, c’est un jeune homme qui s’adonne à un art jeune, c’est la démonstration faite avec éclat de la spécificité qui s’impose à la télévision. »

Sur les chemins que celle-ci emprunta finalement, Averty n’avait plus sa place. Il en avait encore un poste chez lui mais il disait qu’il fuyait comme un égout et qu’il tâchait la moquette. Il aurait pu finir sans travail, un peu comme Méliès ou Wells qu’il admirait tant. Heureusement Radio-France a gardé une de ses prérogatives : le droit d’asile. Dans les Cinglés du music-hall qui durèrent de 1978 à 2006, Le débit d’Averty nous était aussi immédiatement reconnaissable que ses images.

Lui reste aussi l’avenir. La course à l’audience de masse lui fut fatale mais l’ère numérique peut être favorable à celui qui dès 1960 adoptait le trucage électronique.

Jean-Christophe Averty sur le site de l'INA

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