André Glucksmann, 2008
André Glucksmann, 2008 © MaxPPP

De l’intellectuel, le public attend qu’il construise des représentations et les medias leur construisent des réputations. A peu près à la même époque, on « inventa » ainsi l’école de Brive pour des écrivains de Corrèze qui n’en pouvaient mais et qui devaient illustrer la bonne vieille France franco-française et, à l’autre bout du spectre, il y eut « les nouveaux philosophes » à qui était assignée la mission d’intervenir aux quatre coins du monde-et d’abord dans le monde communiste - contre toutes les formes du mal.

Englobé bon gré mal gré dans ce groupe hétéroclite, Glucksmann tailla son chemin à sa façon. Il était attaché plus que les autres « nouveaux philosophes » au rationalisme cartésien – « Descartes, c’est la France », assure un de ses livres. Son maintien dans une situation de dissident perpétuel ne fut pas sans l’isoler progressivement. Mais c’est cette tenue constante, aussi, qui empêcha qu’on l’oublie. Il était toujours une belle figure. Restée fidèle aux quartiers autrefois populaires de Paris qu’il ne cessa d’habiter. Têtue dans ses colères et s’en laissant peu distraire par des écrits qui lui auraient fait faire un pas de côté : si…on lui connaît des textes sur le western.

Dans le film du mouvement intellectuel contemporain, il ne jouait cependant pas le rôle du « bon » systématique. « Le mieux que puisse faire l’homme, c’est le moins de mal possible. » C’était le seul programme commun qu’il imagina.

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