Des objets qu’on manipule – l’anneau dans un mariage, l’habit à l’entrée dans une communauté monastique.

Des gestes dont l’enchaînement semble pris dans un ordre parfaitement réglé.

Des mots qui, comment dit-on aujourd’hui…disposent d’ une puissance performative.

Spontanément, nous avons tendance à penser que les rites, tels que nous les voyons encore pratiqués, sont restés invariables au fil du temps, qu’ils sont tendus tout droit vers l’éternité et qu’ils plongent leurs racines dans des temps très anciens.

L'adoubement - par Edmund Blair Leighton - 1901
L'adoubement - par Edmund Blair Leighton - 1901 © domaine public / Art Renewal Center Museum

En la matière, nous attribuons au Moyen-Âge des qualités particulières. Sans doute la vie y était-elle plus ritualisée qu’aujourd’hui, mais cela ne signifie aucunement que les rites constituaient une toile de fond immobile : ils avaient aussi leur vie. Ils étaient pris dans des champs de forces locales et sociales. Ni les rois, ni les seigneurs, ni les villes, ni même l’Église, quels que fussent leurs efforts, ne les contrôlaient entièrement.

Les rites s’inscrivent dans des champs de forces et même eux, en dépit de ce que nous en attendons, se tiennent dans des équilibres qui changent.

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