Le siège du Trades Union Congress ( Congrès des syndicats) sur Great Russell Street à Londres
Le siège du Trades Union Congress ( Congrès des syndicats) sur Great Russell Street à Londres © cc

Tirant parti des difficultés causées aux usagers par une spectaculaire grève du métro londonien, le Premier ministre Cameron a proposé cet été de nouvelles limitations drastiques à l’exercice de la grève. En France, on parle d’abondance des archaïsmes du Parti travailliste qui pourrait élire ce week-end un leader très « vieille gauche ». Mais on a moins disserté sur la fidélité des conservateurs à leur antique anti-syndicalisme.

C’est que le parti travailliste et les Trade Unions ont partie liée depuis un siècle. C’est dans la même foulée historique que, d’un côté, est né le Parti et que de l’autre, les syndicats se sont vu reconnaître une sorte d’immunité en cas de grève : la justice, en 1906, a cessé de les rendre comptables des pertes essuyées alors par les entreprises ou des incidents qui pouvaient se produire. À l’époque, l’organisation, antécédente, des Trade Unions a servi de socle au Labour : qui adhérait aux syndicats devenait membre du Parti et les Trade Unions disposaient de mandats essentiels dans les instances du Parti. L’hostilité des conservateurs vient de là : le Labour, pour eux, c’est un avatar des syndicats qui le manipulent.

Par adaptations successives, le travaillisme s’est peu à peu affranchi de ces règles de départ. Tony Blair par exemple préférait d’évidence le modèle alléchant de l’entrepreneur à celui, traditionnel, du travailleur. Adaptation ou pas, les conservateurs maintiennent leur langage guerrier. Il est vrai que les syndicats constituent toujours une force qui reprend même du poil de la bête – plus du quart des salariés, plus de la moitié de ceux de la fonction publique. Ce n’est plus le cinquième pouvoir politique, mais c’est toujours un adversaire commode.

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