Jean Genet à Vienne en 1983
Jean Genet à Vienne en 1983 © domaine public / International Progress Organization

À coups de hache et de cris, il a coupé les cordes qui le retenaient au monde de l’habituelle morale.

Il se présentait comme l’enfant qu’on avait abandonné et comme l’homosexuel abhorré : il se tenait du côté de Sodome. Et du côté de Caïn : "il avait volé" ceux qui l’avaient aidé, il était le traître.

Il aimait prendre la place de ceux qui faisaient l’objet d’un refus unanime. C’est un paradoxe de voir célébrer Genet comme un patriarche bénissant toutes les misères. Nous avons pris l’habitude de nous pencher avec commisération sur toutes les victimes mais lui ne prenait la place que de ceux qui suscitaient un refus unanime.

Il aurait considéré avec sarcasme les hommages que le trentième anniversaire de sa mort va provoquer, comme ceux déjà qui ont entouré son centenaire en 2010. On va encore une fois le présenter comme un patriarche de la libération des victimes, lui qui aimait tant la force. On ferait mieux de reconnaître que la puissance qu’exercent toujours ses textes vient de la jouissance que nous éprouvons à être traités en ennemis par un grand provocateur.

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