Diplomate, Giraudoux avait fait beaucoup de voyages. Le premier, en 1911, très poétique, l’avait amené à convoyer la valise diplomatique jusqu’à Istanbul par l’Orient-Express. Le romantisme allemand et le modernisme américain étaient ses horizons mais au centre de son univers se tenait la France.

Jean Giraudoux
Jean Giraudoux © Getty / ullstein bild Dtl

De la France, il aimait toutes les saisons et particulièrement le printemps. A Paris, il le voyait se pousser jusqu’à la Seine : seuls les ponts étaient encore sans feuillage. Dans les arbres montait la sève. Les percepteurs, le jour, commençaient  à envoyer les déclarations d’impôts et  la nuit, tentaient de se souvenir des noms et des prénoms des contribuables afin de ne pas faire de confusions. Ses fonctionnaires étaient la gloire et la douceur de la France. Le matin, les volets des bourgades qui avaient  la chance de voir passer les trains s’ouvraient pour attendre le prochain. Ce pays accompli savait comment la vie doit être aimée.

Diplomate, Giraudoux avait  fait beaucoup de voyages

Le premier, en 1911, très poétique,  l’avait amené à convoyer la valise diplomatique jusqu’à Istanbul par l’Orient-Express. Le romantisme allemand et le  modernisme américain étaient ses horizons mais au centre de son univers se tenait la France. Et au centre de la France, la France du Centre. N’était-il pas né à Bellac, en 1882; « Que ne promet la vie quand du haut d’une colline, on aperçoit les becs électriques de Bellac ? » D’ailleurs, tous les noms de la France l’enchantaient; il aimait les embrouiller par jeu : « O Béarn, capitale Orléans. O Compiègne chef-lieu Albi »

Tout aurait pu fonctionner à merveille. Mais pendant les années trente, Giraudoux voit la guerre venir et craint que dans la balance nouvelle des forces, les Français soient trop légers. Nommé Commissaire à l’Information en juin 1939, il tient  son rôle d’annoncier sérieux de la mission de  la  France. Puis c’est la déferlante. Les noms de la France vont encore être mêlés mais par l’exode, ceux du Nord se retrouvant au fond du sac dans le Sud.  Après la défaite, Giraudoux aurait voulu ne plus avoir à considérer les Français.

Il est mort peu avant la Libération

La France d’après  le célèbrera comme celui qui peut faire le lien avec le bonheur d’avant. Jusqu’à ce que dans les années 1970, certains commencent à dire : « Les beautés de Giraudoux dissimulent bien des laideurs. » La France de l’harmonie ne déteste pas les procès. Faut-il rendre justice à Giraudoux ?

Le site officiel de l'Académie Giraudoux

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