Le devin, dans la Grèce archaïque, c’est un maître de vérité. Ainsi Tirésias, par exemple, est-il un personnage considérable - et crédible : Ulysse attend beaucoup de lui quand il va le visiter aux enfers.

La divination relève du système nerveux central de la religion grecque. La magie, c’est autre chose. Le mot lui-même vient d’ailleurs, il n’apparaît clairement dans le vocabulaire qu’au Vème siècle avant notre ère. Les meilleurs esprits classiques la condamnent : Hérodote, Hippocrate, Socrate. Mais voilà, dans sa recherche de connaissances plus étendues, l’homme du Vème siècle est tenté aussi par les magiciens qui se sont mis à leur propre compte et, à leur façon, lisent les indices et résolvent les énigmes.

Plus tard, à Rome, on retrouvera un peu la même césure : le mot magus n’apparaîtra que tardivement, les magiciens seront regardés comme un corps étranger, et les citoyens vertueux feront néanmoins appel à eux. C’est curieux.

En fait, à bien scruter l’obscurité, en Grèce déjà, les structures profondes de la magie vivent souterrainement avant que le mot ne surgisse d’un terreau invisible.

Pourra jamais identifier un moment d’ « invention » de la magie ? Ou faut-il abandonner aussi cette croyance ?

Intaille magique en jaspe rouge avec Héraclès et l'inscription "Va t-en, bile, la divinité te poursuit"
Intaille magique en jaspe rouge avec Héraclès et l'inscription "Va t-en, bile, la divinité te poursuit" © Marie-Lan Nguyen / Cabinet des Médailles

Photo en page d'accueil : Angelo Cavalli/Corbis

Evénement(s) lié(s)

" Ensorcelés " au Musée Anne de Beaujeu, Moulins

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.