Charlemagne assis dans une lettrine - Vita Caroli magni imperatoris d'Eginhard - vers 1050
Charlemagne assis dans une lettrine - Vita Caroli magni imperatoris d'Eginhard - vers 1050 © domaine public / BNF

Quand sa ville d’Hippone est assiégée par les nouveaux venus qui secouent la tutelle de l’Afrique romaine, son évêque est déjà dans un âge assez avancé pour avoir renoncé à bien des activités du passé. Mais Saint Augustin exhorte à ne pas s’arrêter aux formes auxquelles notre destin, inévitablement borné, nous a habituées. Le temps de l’homme est court. Mais il y a le temps politique, le temps de la cité. Et le temps de Dieu. La tâche des hommes est de collaborer à celui-ci, toujours à tâtons, souvent dans le fer et le feu, en sachant que, parmi les ennemis, il y ait les frères du futur.

La chute de l’empire romain d’Occident ouvre des siècles de chaos dont les protagonistes se sont souvent montrés très violents. Mais les hommes et les femmes, recrus d’épreuves, ont continué à rêver à quelque chose d’autre qui aurait tenu par le ciment de la paix, de l’unité, de la justice.

Le romancier François Taillandier tente d’entrer dans leur intimité dans une suite romanesque qui court en toute liberté le long de ces temps obscurs. Il le fait en toute liberté, même si ses personnages sont réels. Et en élargissant systématiquement le panorama. Il est temps, dit-il, de considérer autant l’Orient de Constantinople que l’Occident obscur des Francs, de comprendre que Mahomet est contemporain de Dagobert et que Charlemagne aurait volontiers passé alliance avec Haroun-al-Rachid… Le vieux roman national refermé sur un point de vue unique est bien moins excitant que la polyphonie qu’il met en scène, avec une ambition calme et à bas bruit.

Crédits photo : Charlemagne assis dans une lettrine - Vita Caroli magni imperatoris d'Eginhard - vers 1050 © domaine public - 2015 / BNF

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