La première raison qui doit pousser à la publication, c’est le plaisir. Le plaisir pris à la lecture. L’intuition de Bernard de Fallois lui faisait souvent prendre une décision en cinq minutes. Ce fut le cas avec son dernier auteur à succès, Joël Dicker.

Joel Dicker édité chez De Fallois
Joel Dicker édité chez De Fallois © Maxppp / Olivier Corsan

La première raison qui doit pousser à la publication, c’est le plaisir. Le plaisir pris à la lecture. Le plaisir, aussi, de deviner les besoins d’aujourd’hui et les attentes de demain. Cela peut demander de la patience : le premier livre que de Fallois volant de ses propres ailes a publié, c’étaient les entretiens de Mgr Lusitiger; l’entourage du cardinal hésitait, de Fallois attendit. Mais tout peut se faire aussi bien en un tournemain : l’intuition de Bernard de Fallois lui faisait souvent prendre une décision  en cinq minutes. Ce fut le cas avec son dernier auteur à succès, Joël Dicker. Ce jeune écrivain venu de Suisse croyait à peine à la publication de La vérité sur l’affaire Harry Québert, de Fallois le lança de suite dans l’arène et ce fut un triomphe.

De Fallois avait alors 86 ans et Dicker seulement 27.

Il disait  qu’un homme manifeste son intelligence quand il fait preuve d’égards et de sollicitude pour les jeunes gens. 

Une fois ses choix faits, un éditeur doit ensuite savoir en faire commerce. De Fallois  s’intéressait  d’abord dans la chaîne du livre aux représentants et aux libraires. Il détestait en revanche les agents littéraires mais pas la publicité.  Avant de créer sur le tard sa propre maison, il avait dirigé les Presses de la Cité et, auparavant encore, le Livre de poche d’Hachette. Il fallait l’entendre raconter comment il avait réussi, pour le lancement de Jules Verne en format poche, à reconstituer un Nautilus dans la vitrine du Pub Renault des Champs. Il lui arrivait de publier presque pour lui seul et ses vieux amis mais il aimait le vaste public. Pagnol ou Simenon faisaient partie de ses auteurs-fétiches.

De Fallois avait 91 ans. Une fois qu’il fut interdit aux véhicules hors d’âge de circuler à Paris, il avait fait classer sa vieille Mercedes en voiture de collection. Il roulait toujours car il le fallait pour continuer d’animer sa maison.

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