Orange Mécanique
Orange Mécanique © radio-france

Jusque-là, au nom de la protection des institutions et de la moralisation de la jeunesse, la Commission de censure – pardon : de contrôle – prononçait ses verdicts d’interdiction ou de coupe sans guère être contredite. Et voilà que la campagne déclenchée autour de l’adaptation de l’œuvre de Diderot réunit les plus grands noms du cinéma ; elle est entretenue deux ans durant ; la profession n’a qu’à se féliciter de son résultat : une victoire en rase campagne de « La Religieuse » sur les Pères censeurs.

Survient le mouvement de mai. Il faut se représenter la demande de la jeunesse de cette époque. La majorité sexuelle est à quinze ans mais sont interdites, sur les écrans, les parties de « ça va ça vient » - pour parler comme « Orange mécanique ». Il n’est d’ailleurs pas que les scènes de sexe chaudes qui soient dissimulées mais aussi bien des images qui inciteraient aux désordres sociaux et politiques.

On comprend que la pression sociale se renforce. En 1969, la décision finale, avant projection, passe du ministère de l’Information au ministère des Affaires culturelles : celui-ci est davantage habitué aux positions paradoxales.

Il y aura bien encore un retour de flamme la dernière année de la présidence de Georges Pompidou –ultime partie de « ça va ça vient » ? En tout cas, en 1974, quand Jean Royer prêche la pruderie dans sa campagne présidentielle, le visa est donné à « Emmanuelle ». Il est vrai que c’est le film le plus commercial qui soit. Le conservatisme est passé du côté des soi-disant provocateurs.

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