Dans la période qui s’ouvre, Raymond Marcellin, nommé ministre de l’Intérieur le 31 mai à la faveur d’un vaste remaniement, joue un rôle déterminant. Persuadé que l’agitation ne cessera pas de sitôt et qu’elle peut déboucher sur le terrorisme, il déploie une politique de répression tous azimuts.

Le ministre de l'intérieur Raymond Marcellin prononce un discours le 21 juin 1973, lors de l'inauguration du centre d'Instruction de la Police nationale de Vannes.
Le ministre de l'intérieur Raymond Marcellin prononce un discours le 21 juin 1973, lors de l'inauguration du centre d'Instruction de la Police nationale de Vannes. © AFP / AFP

Le 12 juin 1968, le gouvernement  dissout une dizaine d’organisations d’extrême gauche. Le 18, de Gaulle gracie une douzaine de condamnés de l’Algérie française – Raoul Salan en tête.

Ces deux décisions lourdes de sens montrent, s’il en était besoin,  que Mai 68  ne s’est pas terminé avec l’allocution radiodiffusée qui permit au général de reprendre la main et avec la manifestation des Champs-Elysées qui vint le soutenir le 31 mai.

Une fois les protocoles d'accord confirmés, il y a dans chaque entreprise en grève une issue à trouver pour la reprise du travail. Certains secteurs sont toujours chauds-bouillants, notamment dans l’automobile. La mort de trois militants aux abords des usines Renault et Peugeot, les 10 et 11 juin, manque de rallumer l’incendie. Mais le gouvernement sait que, dans  l’opinion, le besoin d’ordre a fini par l’emporter.

L’Assemblée Nationale ayant été dissoute, il y a 487 batailles locales à mener pour les législatives du 23 juin

Le gouvernement cherche à  flatter un électorat que le spectacle de la contestation a indigné ou effrayé.

Dans la période qui s’ouvre, Raymond Marcellin, nommé ministre de l’Intérieur le 31 mai à la faveur d’un vaste remaniement, joue un rôle déterminant. Persuadé – ce en quoi il n’a pas tort - que l’agitation ne cessera pas de sitôt et qu’elle peut déboucher sur le terrorisme, il déploie une politique de répression tous azimuts largement inédite. Dans l’immédiat, il flatte les forces de police, avec des primes et de nouveaux équipements. En amont, il renforce le renseignement. Et, en aval, il veut faire passer sévèrement la justice.

Ses successeurs place Beauvau ont parfois voulu effacer le souvenir de Raymond Marcellin en dissimulant derrière le sourire ou le raffinement le langage brut de décoffrage qu’il tenait ouvertement. Il se tient pourtant au fondement de la politique de surveillance qui s’est tant développée depuis. 

Exposition "68, les archives du pouvoir" : dans le cadre du 50e anniversaire de Mai 68, les Archives nationales organisent une exposition, en deux parties, sur leurs deux sites, présentant les événements de l'année 1968 vus par le pouvoir en place.

Programmation musicale : Les anarchistes de Léo Ferré.

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