Une saison d’opéra se prépare trois, quatre voire cinq ans à l’avance. Or le mandat du directeur général de l’Opéra s’achève en 2021 et le président de la République n’a pas encore eu le loisir de faire son choix. L’Opéra en France est matière régalienne. Depuis ses débuts.

Croquis de costume par Yves Bonnat pour l'opéra Boris Godunov en 1953
Croquis de costume par Yves Bonnat pour l'opéra Boris Godunov en 1953 © Getty / DE AGOSTINI PICTURE LIBRARY

C’était en 1669, il y a 350 ans précisément. L’opéra a au moins eu le temps de préparer cet anniversaire ! Il a en a d’ailleurs un autre à célébrer en 2019 : le trentième de l’ouverture de la salle de la Bastille. Nous en ajouterions volontiers un troisième de notre propre chef : en 1919, le directeur d’alors, le grand Jacques Rouché put enfin, avec la paix, ouvrir ses ailes et commencer sa brillante programmation personnelle. 

Depuis ses débuts, l’opéra français se distingua par la munificence de ses décors et de ses costumes. Après la Grande Guerre, reprenant les principes des Ballets russes, Jacques Rouché fit aussi le choix du faste. Ce fut encore la marque d’un autre directeur resté dans les mémoires, Rolf Liebermann, entre 1972 et 1980. A ces grands moments-charnières - et en réalité continument, l’Opéra est non seulement une Grande Maison mais un Grand Atelier de couture. Aujourd’hui, 150 personnes y travaillent en permanence. On utilise jusqu’à 5 ou 6000 costumes chaque année dont 30% ou 40% sont des créations. Une fois les productions données, ils sont confiés à deux locaux spéciaux, l’un à Garnier, l’autre à Bastille où ils sont l’objet de grands soins afin de rester disponibles pour toute demande.

La qualité des costumes de l’Opéra – mais on pourrait dire la même chose de ceux de la Comédie française – leur a peu à peu donné le statut d’œuvre. Ils peuvent être classés objets pour l’histoire et aussi être évalués par le marché. Une institution a été créée en France qui les rassemble, les conserve, les expose. C’est – lieu unique au monde – le Centre national du costume de scène à Moulins. 

L’un des trois lieux d’exposition, avec le Musée-Bibliothèque de Garnier et le Centre Pompidou-Metz, qui participent aux anniversaires 2019 de l’Opéra. Il affiche une devise que nous reprenons aujourd’hui : habiller l’opéra.

Bibliographie :

  • Les Artistes et l'Opéra de Paris. Dessins de costumes, 1920-1950 de Martine Kahane (Herscher).
  • Christian Lacroix, Costumier de Christian Lacroix, Delphine Pinasa , Martine Kahane (Edtions du Mecène).
  • Habiller l'opéra. Ateliers et costumes de l'opéra de Paris de 1875 à 2019 de Martine Kahane, Delphine Pinasa (In Fine).
  • Costumer le pouvoir de Martine Kahane, Noëlle Giret (Fage).
  • Armures, hennins et crinolines ; costumes de scène de Martine Kahane, Noëlle Giret (Editions du Patrimoine).
  • Catalogue de l'exposition Habiller l'Opéra de Martine Kahane, Delphine Pinasa (Co-édition CNCS / Silvana Editoriale).
  • Catalogue de l'exposition Un air d'Italie. L'Opéra de Paris de Louis XIV à la Révolution (Editions de la BnF / RMN)

Exposition

Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.