Défilé de militaires français du 159e RIA devant les ruines du Reichstag, le 8 mai 1946
Défilé de militaires français du 159e RIA devant les ruines du Reichstag, le 8 mai 1946 © Deutsche Fotothek / Abraham Pisarek

« Il y a aussi des Français ? Il ne manquait plus que cela ». On connaît la phrase de Keitel quand il voit, à la table de la capitulation, derrière son petit drapeau tricolore, le général de Lattre. C’est celui-ci qui dirige d’abord la zone d’occupation française en Allemagne puis le relais est pris par Koenig.

Les ponts sont coupés, les villes bombardées, les usines en miettes et les habitants hagards ne comprennent pas comment ils ont été vaincus - et encore moins comment ils ont pu l’être par des Français. Et, à la fin de l’épisode, en 1949, il faut bien dire que l’image des Français ne s’est pas améliorée.

En réalité, les Français étaient à peine moins misérables que les Allemands c’était aussi ce que ceux-ci leur reprochaient, ils auraient préféré être soumis à des gens mieux équipés. Ils sentaient aussi que les Français étaient constamment dans l’ambivalence : ils voulaient des réparations, quitte à se comporter comme dans les colonies qu’ils étaient en train de perdre mais ils savaient que leur sécurité passait par la reconstruction et la démocratisation de l’Allemagne.

A dire le vrai, les Allemands, quand ils retrouvèrent à partir de 1949 le contrôle de leur vie politique et économique, reprirent assez souvent des positions qui avaient été celles des autorités d’occupation. On ne pouvait faire les choses que mal. Les difficultés inhérentes à une situation de reconstruction sont tout de même l’explication première des incertitudes de l’époque.

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Article de Rainer Hudemann

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