La toute première édition du festival de Cannes, qui devait avoir lieu en septembre 1939, est mort-née avec le déclenchement de la guerre. L'historien Olivier Loubes explique en quoi elle a représenté une première forme d'arme culturelle pour faire face à la propagande nazie et fasciste.

Sur la tapis rouge de Cannes
Sur la tapis rouge de Cannes © Getty / ullstein bild / Contributeur

Le ministre, rescapé en 1939 de l’équipe du Front populaire de 1936, avait mené l’affaire à marches forcées. Il s’agissait de contrer la Mostra de Venise qui, de rendez-vous international du cinéma, devenait un outil pour Goebbels et, après les funestes accords de Munich, de mener face à l’Axe, par la culture, une diplomatie enfin offensive.

Les Anglais n’étaient pas les meilleurs alliés dans cette affaire. Jean Zay avait cherché l’appui des studios américains. Ceux-ci entendaient faire payer à l’Italie sa politique protectionniste et ils apprécièrent à sa juste valeur l’ouverture du marché français que promettait le ministre. Cannes 39, festival antifasciste, s’annonçait aussi comme une vitrine pour le cinéma US qui fournissait le tiers de la sélection.

Affiche du Festival de cannes 1939
Affiche du Festival de cannes 1939 © Sipa / RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Comme souvent, Paris accordait beaucoup moins de subventions que les collectivités locales. La municipalité et les hôteliers de Cannes se réjouissaient de pouvoir prolonger leur saison d’été : cette première édition était prévue pour le début de septembre

La déclaration de guerre l’empêcha d’avoir lieu.

Alors, un festival avorté ? Plutôt un festival ajourné puisque, comme pour beaucoup d’idées de Jean Zay, la réalisation vint après la Libération.

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