Depuis deux mille ans, les spécialistes ont recensé au moins 2400 lieux ou moments où la Vierge serait venue attester de son existence en se manifestant à des voyants.

Vierge de Fatima
Vierge de Fatima © Getty / Godong

Les modes d’attestation de la Vierge sont très variés. Celle de Lourdes, qui nous est la plus connue, blanche et bleue jusqu’à la mièvrerie, dit apporter la confiance, la miséricorde, la guérison. Mais celle de la Salette qui se manifesta sur un plateau aride des Alpes en 1846, affichant les armes de la Passion et un langage de punition, est une Vierge d’avertissement.

La Vierge de Fatima appelle aussi à une recomposition du monde. L’événement Fatima eut lieu le 13 mai 1917, en pleine guerre, au lendemain de la Révolution russe. Les secrets que la Vierge aurait confiés à la voyante furent dévoilés pour les deux premiers en 1941 et pour le troisième en 1981, après l’attentat contre Jean-Paul II. Fatima, c’est une Vierge pour temps tragiques. Néanmoins, c’est l’aspect compassionnel et individuel que l’Église d’aujourd’hui tente de lui faire prendre qui permet son succès grandissant.

Sur 2400 apparitions recensées dans l’histoire, 16 seulement ont été pleinement reconnues

Car l’Église surveille les apparitions comme le lait sur le feu. Sur 2400 apparitions recensées dans l’histoire, 16 seulement ont été pleinement reconnues. L’apparition la moins difficile à gérer pour l’autorité ecclésiastique, c’est Pontmain dans la Mayenne, en 1871 : la Vierge se manifeste d’emblée dans l’église, devant le curé. L’ajustement avec la doctrine est alors aisé. La situation la plus instable, c’est par exemple Medjugorge, une Vierge de Bosnie-Herzégovine, qui présente l’inconvénient de se manifester tous les jours depuis 1981 : une guichetière de la poste qui délivre un message par jour, aurait dit le pape François ! Une Vierge de guerre elle aussi puisqu’elle s’est retrouvée sur les lignes de faille de l’ex-Yougoslavie . C’est souvent ainsi : les pèlerins qui, en toute bonne foi, croient être chez la Vierge, se retrouvent en réalité dans un camp idéologique et politique.

Programmation musicale : "Que deus me perdoe", par Amalia Rodrigues.

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