Les contradictions actuelles de la Maison Blanche ne font qu’ajouter à la turbulence qui caractérise maintenant le système international. Turbulence ? Le mot est apparu en français dès le XVIIème siècle. Corneille parlait du « turbulent espoir de tant de concurrents que la soif de régner met sur les rangs ».

 Bertrand Badie
Bertrand Badie © AFP / Manuel Cohen / MCOHEN

Le monde nouveau lance un défi aux états-champions. Ils appartiennent depuis plus ou moins longtemps à la Ligue 1. Mais les états de seconde division font pression. Et derrière eux, la division d’honneur pointe ne nez. Comment tenir encore les vieilles postures hégémoniques ?

En signant l’accord de Vienne avec Téhéran, les vieux pays dominants, sans renier leur credo de la non-prolifération nucléaire, avaient acté comme fondamentale l’idée de la négociation.

Aujourd’hui, Trump abat le travail de son prédécesseur. Son administration étant traversée de beaucoup de courants d’air, il est difficile d’élucider ses choix. En affirmant sa volonté de mettre à genoux Téhéran, il reprend le vocabulaire traditionnel de la suprématie américaine. D’un autre côté, il met à mal les alliances qui la caractérisaient. D’un côté, il veut sanctionner l’Iran pour un programme nucléaire que Téhéran a mis en veilleuse et, de l’autre, il reconnaît à la Corée du Nord, qui a parachevé le sien, le privilège de discuter avec lui.

Dans les faits, les contradictions de la Maison Blanche ne font qu’ajouter à la turbulence qui caractérise maintenant le système international. Turbulence ? Le mot est apparu en français dès le XVIIème siècle. A l’époque les traités de Westphalie de 1648 avaient créé en Europe un concert de nations dominantes et l’Europe se voyait seule au monde. Corneille parlait cependant du « turbulent espoir de tant de concurrents que la soif de régner met sur les rangs ». Il ne croyait pas si bien dire. Aujourd’hui, aux états de seconde division et à ceux de la division d’honneur, s’ajoutent 7 milliards d’hommes qui vivent dans une quasi immédiateté les mêmes émotions et les mêmes frustrations. Ce sont autant d’acteurs : l’intervention de George Bush junior en Irak avait fait se lever 15 millions de manifestants Dans ces conditions inédites, Il est encore plus difficile pour les puissances établies de contrôler des événements qui saisissent  à la gorge tant d’habitants d’une planète où les distances sont abolies.

Programmation musicale : "Manitoumani" par Lamomali (2017)

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