Un talith, Keffieh, et une écharpe vendus à l'entrée de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem -
Un talith, Keffieh, et une écharpe vendus à l'entrée de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem - © cc / Michael Plutchok

Arabe israélien, palestinien de 1948, non-juif mais citoyen de l’état juif… « Je continue à chercher mon chemin » , disait Sayed Kashua, il y a sept ans. La série dont il fut le scénariste a fait les beaux soirs de la télé israélienne, elle s’exprimait alternativement en hébreu et en arabe – et davantage en hébreu qu’en arabe.

L’année dernière, Sayed Kashua a dit à ses enfants : « Nous partons pour les Etats-Unis » . Il leur a expliqué qu’ils n’emporteraient que quelques jouets. Son aînée a protesté : je parle un hébreu impeccable, mes copines sont juives. Il a répondu que lui-même n’emporterait de sa bibliothèque entièrement en hébreu que deux livres : ça suffirait à Chicago. Et il a rappelé à la famille l’avertissement de son propre père : l’accompagnant au seuil de l’école la plus prestigieuse du pays, il y a vingt-cinq ans, il lui avait dit : « Souviens-toi que, quoique tu fasses dans la vie, tu resteras toujours, je dis bien toujours, un Arabe. »

Les Palestiniens de 1948 qui se sont retrouvés enclos dans l’état dont le nom juif leur était tombé sur la tête représentaient en 1948 14% de la population. Ils avaient choisi de rester ou plutôt Israël avait choisi de ne pas les transférer, eux aussi. Ils sont maintenant 20% de la population israélienne. Mais leur présence réelle ne correspond pas vraiment à leur nombre. Ce sont un peu des présents-absents. Il est vrai qu’ils sont très fractionnés.

Leurs associations sont agissantes mais qu’en est-il de leur rôle politique, que scrutent les observateurs à quelques jours des législatives ? Une fois n’est pas coutume, leurs micro-partis s’alignent ensemble mais former un groupe plus important à la Knesset ne leur donnera pas nécessairement un rôle d’arbitre. Les coalitions ont pris l’habitude d’utiliser dans le rôle de charnières les juifs ultra-orthodoxes, pourtant moins nombreux qu’eux. C’est une raison supplémentaire qu’ont les arabes israéliens d’une démocratie qu’ils peuvent juger illusoire.

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