Semaine spéciale « 14-18, une guerre mondiale »

Bien des acteurs, à commencer par le Kaiser, de l'inouï mois de juillet 14 nous paraissent rétrospectivement comme des somnambules qui marchaient sur un fil au-dessus d'un gouffre.

Troupes belges à St-Trond en septembre 1914 - Illustration de l'hebdomadaire "Le Miroir"
Troupes belges à St-Trond en septembre 1914 - Illustration de l'hebdomadaire "Le Miroir" © domaine public

Ont-ils vraiment compris qu'il était explosif de vouloir toucher à deux pays, petits certes mais n'étaient pas isolés. Au début de juillet, après l'attentat de Sarajevo, c'était la Serbie. Le Kaiser croyait que son compère François-Joseph pourrait la rosser sans que la Russie et d'autres puissances n'interviennent. Fin juillet, c'était la Belgique. L'état-major allemand n'avait pas d'autre plan que de passer sur le corps de ce royaume neutre et déterminé à le rester. Comment n'y aurait-il pas eu de réaction?

La Belgique en 1914 se tint debout face au rouleau compresseur et, en 1918, elle sortit ruinée du conflit. Ruinée mais valorisée, à l'extérieur comme à l'intérieur. Au point que son roi-soldat, Albert Ier, qui avait incarné la résistance sur un lambeau de territoire, put dire: le pays doit se regarder avec fierté. En 2014, le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre suivra des législatives qui auront sans doute creusé le séparatisme flamand. Restera au gouvernement fédéral la ressource de chanter encore la mythologie d'Albert. Aux pouvoirs affaiblis, l'esprit de commémoration sert à reconstruire une apparence d'unité. On le sait aussi en France.

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Historial de Péronne l'Historial de la Grande Guerre est à la fois un musée d'histoire de la Grande Guerre, un centre international de recherche et un centre de documentation, situé depuis 1992 à Péronne.

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