Joseph Joffre, chef d'état-major général de l'armée française et Adolphe Messimy, ministre de la Guerre en 1911
Joseph Joffre, chef d'état-major général de l'armée française et Adolphe Messimy, ministre de la Guerre en 1911 © domaine public / Bain News Service

A l’entrée en guerre en 1914, la République confie son sort à un chef militaire. A l’instar de Rome qui, souvent, a remis son sort à un dictateur qui se fichait au beau milieu des institutions. Le Cincinnatus français s’est appelé Joffre.

Mais cette délégation provisoire pouvait-elle durer ? En décembre 1914, l’exécutif et le législatif, qui avaient été exfiltrés à Bordeaux, rentrent à Paris et prétendent s’occuper de ce que le Grand Quartier Général décidait seul à Chantilly. L’année 1915 puis l’année 1916 sont marquées par cette déchirure qui grandit. Au sein du pouvoir civil, ce sont les députés et les sénateurs qui disposent de la puissance d’expertise la plus grande : le « parlementarisme de guerre » jouera un rôle de plus en plus important dans les dispositifs de longue durée qu’il faut mettre en place. Puis c’est l’organisation du gouvernement qui s’étoffera, en 1917. Jusqu’à ce que, les derniers mois, Clemenceau, président du Conseil, prouve que c’était lui qui conduisait la guerre. Foch, tout généralissime qu’il fût, était seulement l’exécutant.

Le seul état-major ne dispose pas de la légitimité et de l’organisation qui permettent de mener dans la longueur une guerre globale. Les généraux allemands se sont pourtant obstinés dans cette voie. De Gaulle, dans son premier livre en 1924, fit remarquer qu’ils avaient ainsi perdu le fil de la nation. Leurs homologues français doivent en partie leur victoire au fait qu’ils ont fini par reconnaître la force de gouverner de la République.

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