Les aphorismes d’Oscar Wilde ont fait une part de sa réputation. Il en truffait sa conversation et ses conférences.

Oscar Wilde en tournée aux États-Unis (1882)
Oscar Wilde en tournée aux États-Unis (1882) © Getty / Bettmann

Les aphorismes d’Oscar Wilde ont fait une part de sa réputation. Il en truffait sa conversation et ses conférences. Car il multiplia les conférences : en 1882, il tint un an de tournée aux États-Unis, de salle en salle. Ses revenus tenaient à sa célébrité.

Mais l’écrivain excella dans le conte et la nouvelle, fut un grand critique, un auteur important au théâtre. Et sans jamais se donner l’apparence d’un travailleur. « Je traitais l’artcomme la réalité suprême, ma vie était simplement une fiction de plus. »

Alors qu’il se voyait en messager du beau, en professeur d’esthétique, il fut rattrapé par la réalité impitoyable de l’Angleterre victorienne qui supportait mal son comportement. Au début de 1895, il était encore Sa Majesté des planches, triomphant avec The Importance of Being Earnest (_L’Importance d’être Constant_). Le printemps n’était pas achevé qu’il se retrouvait aux travaux forcés, pour deux années qui le brisèrent. Les secrets de sa vie sexuelle, soudain criés sur les toits, avaient fait l’objet d’un procès à grand spectacle qu’il avait d’ailleurs déclenché lui-même, s’y jetant comme dans un piège. Sans doute, étant parvenu au plus loin de la provocation, attendait-il que survienne quelque chose.

Il mourut en 1900, à Paris, sans avoir pu revoir ni l’Angleterre ni ses enfants, marié dorénavant avec la pauvreté. L’humilité, après la gloire, fut sa dernière conquête : « Il faut avoir tout perdu pour savoir qu’on la possède ». Tout compte fait, peut-être eut-il raison de ne pas fuir la justice anglaise. S’il n’avait pas connu ce destin tragique, sa fortune posthume ne serait pas ce qu’elle est.

Exposition Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017

Le Cercle esthétique et philosophique wildien

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.