Jack Ralite au XXXème Congrès du PC en 2000
Jack Ralite au XXXème Congrès du PC en 2000 © MaxPPP / BEP/Georges Bartoli/MAXPPP

Quand, ministre de François Mitterrand, il lui arrivait de partager ses voyages, ils échangeaient leurs lectures. De sa besace, Jack Ralite sortait Saint-John Perse : les artistes, se disaient-ils entre eux, nous offrent le luxe de l’inaccoutumance ; en outre, ils se souviennent de l’avenir ; ils peuvent, ils doivent être une inspiration pour la vie sans respiration des hommes politiques.

Le propos sonne étrangement aujourd’hui. Qui parle encore d’inspiration ? Tout le monde parle d’évaluation. Il n’empêche. Une des bibliothèques d’Aubervilliers porte le nom de Saint-John Perse : Jack Ralite a été maire de la ville pendant près de vingt ans. Adjoint à la culture, un poste qu’il inventa, il avait posé les bases de la première salle permanente de création en banlieue, le Théâtre de la Commune. L’homme qui lit est un homme qui marche, l’homme qui marche vers un théâtre est un homme qui fait corps avec les autres. Chacun et chacune d’entre nous est un singulier collectif.

Député pendant huit ans, sénateur deux fois plus longtemps, Jack Ralite s’est toujours rendu au théâtre avec ferveur, souvent tous les soirs. Surtout pas pour être vu – il y a belle lurette que ce n’est plus là qu’on est photographié. Non, pour écouter. La salle de théâtre, c’est, avec sa bibliothèque, son combustible.

La réalité d’aujourd’hui pourrait être désespérante : chez les poètes, on trouve encore la force de la soulever.

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