L’Etat-providence, c’était la sécurité du berceau au tombeau. Il était parvenu à assurer aux retraités un niveau de vie quasi équivalent à celui des actifs. En moins d’une génération, les salariés scandinaves ont cependant fini par être convaincus que leur système de retraite ne serait plus tenable à l’avenir.

Retraités dans un parc en 1975
Retraités dans un parc en 1975 © Getty / Erika Stone

L’Etat-providence, c’était la sécurité du berceau au tombeau. Il  était parvenu à assurer aux retraités un niveau de vie quasi équivalent à celui des actifs.

En moins d’une génération, les salariés scandinaves ont cependant fini par être convaincus que leur système de retraite ne serait plus tenable à l’avenir. L’argument démographique a pesé lourd dans leur changement d’attitude. Le ratio population active / population pensionnée se détériore en effet. Peut-être les salariés auraient-ils consenti à une augmentation de leurs cotisations mais un autre argumentaire leur a fait valoir qu’il fallait contenir les charges sociales comme les dépenses publiques, afin de rester compétitifs.

En Scandinavie comme dans les autres pays développés et mûrissants, l’appel à la responsabilisation individuelle a donc été entendu. La retraite par capitalisation personnelle a gagné en importance. 

Les sociaux-démocrates qui occupent traditionnellement le haut du pavé dans cette partie de l’Europe sont pour beaucoup dans cette évolution qui rejoint par ailleurs les recommandations pressantes des institutions internationales et de l’Union européenne. Néanmoins, en Suède particulièrement, l’attention la plus grande a été donnée à la recherche longue et patiente du consensus. Un « groupe des pensions » assure le suivi de la réforme. Il est composé de tous les partis. Mais il exclut jusqu’ici l’extrême droite nationaliste.

Or celle-ci, une fois la page des retraites apparemment tournée, a imposé à l’agenda politique le sujet de l’immigration. Comment expliquer le passage d’une priorité à l’autre ? Une hypothèse : quand la cohésion sociale repose moins  qu’auparavant sur la solidarité, on est tenté de la fonder sur l’identité culturelle voire ethnique. Et de nouveaux entrepreneurs politiques ont vite fait de vous entraîner sur ce chemin.

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