Willy Brandt était de ces Allemands qui avaient refusé d'emblée le nazisme. Son action de 1933 à 1945, entre exil et missions secrètes, aurait pu le dispenser de son geste de Varsovie en 1970. Il l'a fait au nom de tous ceux qui auraient dû le faire.

Le Chancelier Willy Brandt à la tribune du Bundestag à Bonn le 28 janvier 1971
Le Chancelier Willy Brandt à la tribune du Bundestag à Bonn le 28 janvier 1971 © Bundesarchiv / Ludwig Wegmann

En l'espèce, il a aussi prouvé sa détermination. Après avoir été le combattant d'une autre Allemagne face à Hitler et ensuite, élu de Berlin, l'incarnation de la fermeté face au communisme, son choix en tant que chancelier était en effet le changement par le rapprochement. On appelait cela "l'ostpolitik'. Dès lors que Brandt croyait une relation de confiance possible, il cherchait à construire des ponts vers "l'autre côté". Non qu'il fût naïf. Mais il se disait que ce n'était pas la peine de faire de la politique si c'était pour réveiller "le salaud qu'il y a en tout homme". Mieux valait tenter de mettre fin aux injustices: "Une injustice qui se prolonge, disait-il aussi, donne nécessairement naissance à d'autres".

Constater que le cycle du mal se perpétuait le déprimait parfois. Ce n'était pas un naïf mais un mélancolique. Alors son entourage le houspillait : "Willy, relève-toi, il faut gouverner". C'est ainsi qu'il resta une autorité morale jusqu'à sa mort en 1992.

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