A la Nation dimanche la communion de la marche républicaine
A la Nation dimanche la communion de la marche républicaine © MaxPPP/Christophe Petit Tesson

Tout le pays n’a pas également participé mais tout de même, il y a eu près de quatre millions de marcheurs et on ne compte pas les rassemblements devant les monuments aux morts dans les villages. Un exemple parmi bien d’autres : le maire de Saint-Benoît du Sault, dans l’Indre, avait négligé de convoquer les habitants ; quelques-uns d’entre eux qui avaient besoin de ne pas être seuls se sont substitué à lui et ils se sont retrouvé 300 autour du monument aux morts– le tiers de la population de la commune. Michelet écrit que les grands faits nationaux se sont accompli ainsi, par des forces immenses et invisibles : « en chaque lieu, c’est la même chose, toute la France s’organise ensemble » .

Michelet disait cela de la fête de la Fédération de 1790. Elle succédait à de grandes peurs et de grands désordres. Nos moments d’unité nationale suivent souvent des périodes de dégoût. Celui d’hier ne fait pas exception. Le 7 janvier au matin, Michel Houellebecq disait encore la mélancolie d’une société qui, fatiguée, fermait- pensait-il -« la parenthèse des Lumières, de la République, de la laïcité ».

Pourtant, certains instants de grâce, les Français se regardant dans les yeux des autres Français se voient comme un peuple aux pensées généreuses et aux vastes vouloirs. Et ils tiennent un discours d’universalité dont ils sont heureux d’entendre l’écho : si on nous dit que nous ne sommes pas seuls, c’est qu’on nous aime encore. Et si les autres nous aiment encore, nous pourrions nous aimer un peu.

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