Le siège de la DCRI (maintenant DGSI) à Levallois-Perret
Le siège de la DCRI (maintenant DGSI) à Levallois-Perret © PHOTOPQR/LE PARISIEN / JEAN-BAPTISTE QUENTIN

Michel Debré, Premier ministre, répétait qu’un état bien ordonné exigeait le secret. Il le disait à ses ministres indiscrets qui faisaient le récit du Conseil des ministres à qui voulait l’entendre.

Les « gens d’état », ceux qui sont situés aux sommets des hiérarchies, regardent comme un apanage le fait de détenir une part de ce secret qu’ils ont mission de ne pas répandre. Mais, en système démocratique, la presse souhaite que soit réduit au plus juste le champ du secret. L’opinion est vite prête à moquer ce que les responsables nomment pudiquement des dysfonctionnements. Certains rêvent même d’un monde transformé en maison de verre : au nom de cette idéologie de la transparence, Wikileaks fait circuler sans scrupule excessif les informations qu’il peut saisir dans les cabinets et les chancelleries.

Or il se trouve que le terrorisme d’aujourd’hui, ce terrorisme sans état, joue lui aussi sur la publicité. Le métier de l’organisation Etat islamique est d’abord de programmer des mises en scène, de plus en plus extrêmes, afin de produire la sensation et l’imitation. Face à ces agressions publicitaires, l’état doit reconstruire du secret. Mais les terroristes ayant pour objectif de l’entraîner dans une surenchère folle, il doit aussi le faire en gardant un cadre juridique.

Nous en sommes là. La même année 2015 a vu la première tentative d’inscrire le renseignement dans une loi et l’instauration d’un état d’urgence dont on ne sait combien de temps il excèdera la loi.

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