Retour sur un moment où davantage de possibles étaient encore ouverts...

Jérusalem
Jérusalem © Getty / DEA / W. BUSS

1917 les troupes du général britannique Allenby s’installent dans la ville que vient d’abandonner l’administration ottomane. Le raidissement communautaire du nationalisme turc, qui coïncidait avec la montée en puissance du mouvement sioniste, avait commencé dès avant la Grande Guerre mais le passage sous administration britannique va provoquer la disparition du subtil système de balance et d’équilibres de l’administration ottomane. Le mandat confié aux Britanniques par la Société des Nations creusera les contradictions. Aux Britanniques, il est en effet demandé de favoriser l’éclosion du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais quels peuples ? La déclaration Balfour, la même année 1917, avait reconnu la nécessité d’un foyer national juif et les sionistes se faisaient de plus en plus actifs à Jérusalem. D’un autre côté, les Britanniques soutenaient plus ou moins discrètement divers mouvements nationalistes arabes.…

Après 1917, l’affrontement entre les communautés s’est incontestablement aggravé. Mais qu’en était-il dans les décennies qui avaient immédiatement précédé ? La description habituelle des voyageurs français, depuis Chateaubriand en 1811 jusqu’à Loti en 1894, avait insisté sur l’alanguissement d’une ville où les juifs et les chrétiens baissaient la tête devant l’ottoman. Mais il faut bien reconnaître, fin XIXème début XXème, une dynamique nouvelle. Dynamique venue de l’extérieur : les pèlerinages chrétiens qui s’organisent sur un mode intensif redessinent les Lieux Saints. Dynamique endogène aussi : Jérusalem, 70000 habitants en 1910 s’est étendue à ce point qu’elle compte déjà la moitié de sa population extra-muros. Aujourd’hui qu’elle en totalise 900.000, les défis démographiques sont bien plus graves et les conflits de mémoires sont devenus asphyxiants. Retour sur un moment où davantage de possibles étaient encore ouverts.

Programmation musicale : Dorsaf Hamdani "Jérusalem (Zahrat al madaen)" (2014)

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