Ferodo, avant de devenir une tête de pont, était une usine peu syndicalisée. 68 y a formé des jeunes qui pouvaient être sensibles au langage des étudiants et de l’extrême gauche. L’entreprise a repris le travail très tardivement, dans un climat qui, malgré les résultats obtenus, ne portait pas à la joie.

Affiche de soutien aux usines occupées réalisée par l'Atelier Populaire des Beaux-Arts de Paris en mai 1968
Affiche de soutien aux usines occupées réalisée par l'Atelier Populaire des Beaux-Arts de Paris en mai 1968 © Getty / API

► Rediffusion du 18/05/2018

Les ouvriers occupent une position centrale en mai 68. Les communistes, les gauchistes, les intellectuels, jusqu’à nombre d’ecclésiastiques,  tous prétendent se mettre sous leur commandement.

Mai occupe une place centrale dans la vie de Claude Dewaele, jeune ouvrier chez l’équipementier automobile Ferodo, à Amiens. En 1980,  Ferodo est devenu Valeo – je vais bien. Depuis 1968, Claude Dewaele va peut-être mieux.

L’entreprise a repris le travail très tardivement, dans un climat  qui, malgré les résultats obtenus, ne portait pas à la joie. Les  cicatrices sont longtemps restées vives.

De plus de quatre semaines de grève, Claude Dewaele a appris que l’histoire de l’expérience ouvrière ne se confondait pas avec celle des  syndicats. Et qu’elle était nécessairement politique : dès qu’on établit  un rapport de forces avec ses chefs, les lointains et plus encore les  proches, on fait déjà de la politique.

Ferodo, avant de devenir une tête de pont, était une usine peu syndicalisée. 68 y a formé des jeunes qui pouvaient être sensibles au  langage des étudiants et de l’extrême gauche. Après s’y être frotté, il va peu après entreprendre des études. Une licence en lettres, le concours de réacteur territorial. Il a une dilection pour les archives. Il en a constitué assez sur 68 à Amiens pour que les Archives départementales de la Somme en fassent un fonds particulier.

Beaucoup d’historiens négligent d’aller aux archives. Voilà qu’un ouvrier leur en offre.

Bibliographie

  • L'insubordination ouvrière dans les années 68 - Essai d'histoire politique des usines écrit par Xavier Vigna (PU Rennes)
  • Le temps des chemises : la gréve qu'elles gardent au coeur écrit par Anni Borzeix (Syros)
  • Les gens d'usine. 50 ans d'histoire à Peugeot-Sochaux écrit par Nicolas Hatzfeld (Editions de l'Atelier)
  • Le travail ouvrier écrit par Michel Verret(L'Harmattan)
  • Amiens, années 60. Naissance d'une capitale régionale écrit par Alain Trogneux (Encrage)

Programmation musicale

"C'est extra" - Léo Ferré

Aller plus loin

📖 LIRE 

Les invités
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.