Raoni Metuktire, chef de la tribu des Kayapos, devenu porte-parole des Indiens en Amazonie
Raoni Metuktire, chef de la tribu des Kayapos, devenu porte-parole des Indiens en Amazonie ©

Avant le « Mundial », les manifestations des Amérindiens ont été quotidiennes. Les écrans ont ainsi montré le grand chef Raoni, l’habitué des médias et du bureau de Jacques Chirac, à moitié étouffé par les gaz lacrymogènes ! Ces multiples accrochages d’avant le 12 juin ont montré un Brésil encore mal à l’aise avec lui-même et avec sa mémoire.

Au moment des recensements, les Brésiliens peuvent être inscrits dans six catégories de couleur possibles. Les « Indiens » aujourd’hui ne constituent plus une catégorie qu’on puisse regarder comme résiduelle. Ils sont emportés par un double processus de sédentarisation et de progression démographique : ils sont maintenant 700 000 et plus, dont 300 000 dans la zone d’Amazonie qu’on va considérer ici. Qui plus est, les Brésiliens ayant du sang indien dans les veines sont innombrables. Qu’ils le sachent ou non.

Il peut d’ailleurs être de bon ton de revendiquer l’indianité. Le président Lula aimait à faire remarquer que son crâne avait une forme indienne comme l’empereur Pedro II arborait au-dessus de sa jaquette un collier fait de plumes étincelantes… Salués souvent en tant qu’idée, les Indiens sont au mieux isolés, mis à part ou exclus. Ils ont obtenu des territoires indigènes en principe patrimonialisés. Mais si nombreux et étendus qu’ils soient, ceux-ci constituent dans la vaste Amazonie seulement un archipel, quelques cases du Monopoly. Et ils leur sont constamment disputés par le jeu des pressions politiques et économiques.

Les amis des Indiens disent que les « peuples premiers » permettent au « peuple moderne » d’être, tandis que les tenants du Brésil, front pionnier à la recherche de l’indépendance énergétique et de la progression économique, pensent tout haut que les « peuples premiers » empêchent le « peuple moderne » d’avancer.

Manifestation d'Indiens d'Amazonie contre la construction du barrage de Belo Monte
Manifestation d'Indiens d'Amazonie contre la construction du barrage de Belo Monte ©
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