Saint Augustin, c’est une sagesse pour temps d’orages et de catastrophes. Il vivait dans une Afrique du Nord romaine qui s’en était, à tort, crue protégée. Mais la Méditerranée, déjà, était une. Après la prise de Rome en 410, Augustin vit les réfugiés affluer d’Italie. Il mourut dans sa ville épiscopale, Hippone...

La vision de Saint-Augustin
La vision de Saint-Augustin © AFP / Heritage Images

Saint Augustin, c’est une sagesse pour temps d’orages et de catastrophes.

Il vivait dans une Afrique du Nord romaine qui s’en était, à tort, crue protégée. Mais la Méditerranée, déjà, était une. Après la prise de Rome en 410, Augustin  vit les réfugiés affluer d’Italie. Il mourut dans sa ville épiscopale, Hippone, alors qu’elle était assiégée par les Vandales.

Il y a quelque chose de l’Afrique romaine dans notre Europe occidentale. Le pouvoir politique est secoué de changements brutaux. Le marasme économique aggrave la situation des faibles et des petits. On voit bien que quelque chose ne va plus. Néanmoins  on continue d’aller aux jeux car on  garde le sentiment d’être à l’abri. Et puis, un jour, le parapluie américain se replie. Rome n’est plus dans Rome. Sans doute était-elle minée de l’intérieur, elle aussi. Un barbare imprévisible en a pris le contrôle. Le centre de gravité s’est déplacé. 

En 410, Saint Jérôme s’exclamait depuis Bethléem : « Horreur, l’univers s’écroule. » Mais, depuis Hippone, saint Augustin répondait : « Vous vous étonnez que le monde périsse. Mais il est comme l’homme, il naît, il meurt. » 

Les civilisations sont mortelles. Reste l’humanité. Elle est faite de toutes les générations, de tous les peuples, de toutes les langues. Elle espère en  la Cité de Dieu, affirme Augustin.

Forte de cette promesse, il lui faut vivre néanmoins dans notre temps intermédiaire. Ce n’est pas nécessairement le royaume du mal. On peut attendre que s’y exercent la bienveillance et la patience plutôt que la violence. Ainsi Augustin a-t-il pointé  du doigt les trafics d’hommes, de femmes et d’enfants dans la Méditerranée de son époque - il les nommait de « cruelles navigations ». Et il  recommandait : « Portez donc le fardeau mutuellement ».

Programmation musicale : Salve Regina (Choeur des moines de l'abbaye de Citeaux)

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