Les Hittites ne furent longtemps connus que par quatre mentions elliptiques de la Bible et des documents égyptiens et assyriens. Mais la civilisation que l'on découvre aujourd'hui pan à pan est comparable à ses anciennes rivales.

Les archéologues Leonard Woolley et T.E Lawrence devant un bas-relied hittite à Karkemish en 1913
Les archéologues Leonard Woolley et T.E Lawrence devant un bas-relied hittite à Karkemish en 1913 © Getty / Pierre Perrin

Des populations venues de l’Europe des Balkans et du Danube, participant à un long mouvement de migration de l’Ouest vers l’Est  … De l’autre côté, les populations du plateau anatolien … Au début du second millénaire avant notre ère, la fusion en est sans doute assurée. Les échanges commerçants sont alors assurés par des marchands assyriens qui, à leur façon, préparent déjà un espace commun. Au XVIIème siècle avant notre ère, le royaume hittite s’établit. C’est à sa manière, un empire aspirant à la totalité, qui cherche à rejoindre la mer et s’est même avéré capable de mener un raid jusqu’à Babylone. Il durera jusqu’aux alentours de 1200.

Les Hittites ne furent longtemps connus que par quatre mentions elliptiques de la Bible et des documents égyptiens et assyriens. En 1834, un jeune français, Texier, est mené jusqu’à des ruines énigmatiques au « village du défilé », à 300 kilomètres d’Ankara. Il apparaitra plus tard que c’est la capitale, Hattusa… A la fin du XIXème, Français, Anglais et même Américains commencent à s’intéresser beaucoup aux Hittites. Mais ce sont les Allemands qui obtiennent de leurs alliés ottomans les firmans décisifs pour conduire des fouilles. Surgissent des milliers de tablettes. C’est un tchèque qui découvre la clé de l’écriture cunéiforme. Le premier texte traduit dit : «  Vous mangerez du pain et ensuite vous boirez de l’eau. » Le vocabulaire hittite est souvent paysan, évidemment.

Plus tard, on trouvera un récit mythique qui évoque le fondateur légendaire du royaume : « Quand il revint chez lui, il s’occupa de son pays, les autels des dieux furent en ordre, dans l’enclos il laissa aller les moutons, la mère s’occupa de son enfant, le mouton s’occupa de son agneau ». La civilisation que, pan après pan, on découvre depuis un peu plus de cent ans, est non seulement comparable à celles des Egyptiens et des Assyriens avec qui elle rivalisa, mais il apparaît qu’aux traits guerriers qu’elle partage avec eux, elle ajoute souvent une idéologie de la paix : c’est l'une de ses singularités. 

Qui plus est, sa participation à la vie de cette région-clé du monde fut plus durable qu’on l’a cru dans un premier temps. Dans l’Est et le Sud-Est anatolien, des royaumes néo-hittites, plus petits, mêlés d’Araméens, durèrent des siècles après l’effondrement d’Hattusa. Une grande exposition au Louvre, programmée jusqu’au 12 août, le montre. Après l’empire hittite redécouvert, les royaumes oubliés mis en lumière…

Bibliographie

Les Hittites, d'Isabelle Klock-Fontanille (Que sais-je ?)

Les premiers rois hittites, d'Isabelle Klock-Fontanille (L'Harmattan)

Des origines à la fin de l'ancien royaume hittite, de Jacques Freu, Michel Mazoyer et Isabelle Klock-Fontanille (L'Harmattan)

Les civilisations anatoliennes, de Marc Desti (Que sais-je ?)

Catalogue de l'exposition Royaumes oubliés, de l'Empire hittite aux Araméens 

Journées nationales de l'archéologique les 14, 15 et 16 juin 2019 : des activités innovantes, originales et interactives pour découvrir les trésors de l'archéologie dans les musées, les sites archéologiques, les laboratoires.

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