Fulgencio Batista en 1952
Fulgencio Batista en 1952 © domaine public / anonyme

En rétablissant les relations avec Raul Castro, le président Obama n’a pas changé autant qu’on ne le croit la représentation américaine de Cuba. Il est tout bonnement revenu à ce qu’on disait il y a un peu plus d’un siècle quand la guerre d’indépendance avait débouché en 1898 sur l’occupation… américaine de l’île : « Au total, résume Obama à la manière de ses lointains prédécesseurs à la Maison blanche, que peut craindre une grande puissance comme la nôtre d’un si petit pays ? »

Washington, jusqu’en 1958, a tenu la bride courte à La Havane. L’île était pour les Américains un champ d’expansion facile et même un terrain, de jeux – pas toujours recommandables. Elle pourrait le redevenir, située qu’elle est au carrefour de beaucoup de routes de commerce et de trafic de la Caraïbe.

Descendus du nuage du castrisme, les Cubains sont-ils condamnés à retomber dans ces vieilles ornières ? C’est pour cela que les dirigeants de la transition et les interlocuteurs qui veulent leur faire plaisir, tels les Français ces jours derniers, parlent d’actualisation du modèle cubain », d’atterrissage en douceur.

Pour défendre leur jeu, ils disposent d’un atout de taille, d’un épouvantail bien commode. Le prédécesseur de Castro s’appelait Fulgencio Batista. Tour à tour sergent malin, homme fort, président élu puis dictateur brutal, il a longtemps dominé Cuba et représenté vingt-cinq ans durant, de 1933 à 1958, une parfaite caricature de mercenaire des intérêts américains, qui peut servir aujourd’hui encore de parfait repoussoir.

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