Semaine spéciale "14-18 : les fronts intérieurs"

Portrait de Blaise Cendrars par Amedeo Modigliani - 1918
Portrait de Blaise Cendrars par Amedeo Modigliani - 1918 © domaine public / collection privée

Apollinaire lui-même, pourtant parti en 14 flamberge au vent dans un élan chevaleresque, sentira le sens de son combat se dérober peu à peu. Au fil des mois d'une guerre inouïe, à nulle autre pareille, tous les écrivains qui participent au combat voient pareillement les motifs premiers qui les animaient se détacher d'eux, un peu comme des écailles, les laissant à vif. Barbusse, par exemple, avait annoncé publiquement dans "L'Humanité" son engagement volontaire: bien que pacifiste et socialiste, il croyait qu'il fallait défendre la nation attaquée. Puis l'expérience avait pulvérisé le sens qu'il avait d'abord donné à son acte.

Deux ans plus tard, son livre, "Le Feu", cherchait à éclairer ce qui naissait dans l'écroulement brutal de la vieille Europe civilisée. Prix Goncourt en 1916, ce livre est celui qui pénètre le plus massivement dans les tranchées mais, en même temps, il n'est qu'un texte dans une multitude. A l'arrière et dans les tranchées, on lit beaucoup; jamais la France n'avait autant lu qu'à cette époque. Et jamais la réalité n'a été aussi illisible. Et la littérature autant sommée de se renouveler pour dire l'indicible.

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Dossier_lien_1418 à l'arrière des tranchées
Dossier_lien_1418 à l'arrière des tranchées © Radio France
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