Le Supplice des Amauriciens par Jean Fouquet - Les Grandes Chroniques de France - XVème siècle
Le Supplice des Amauriciens par Jean Fouquet - Les Grandes Chroniques de France - XVème siècle © domaine public / BNF

A partir du XIIIe siècle, l’accusation d’ « hérésie », aux yeux des pouvoirs, civil comme ecclésiastique, justifie une répression à 360° et le dépistage systématique de toutes les « déviances ». L’unité ne peut passer que par l’uniformité : « reductio ad unum ». Et comme les aveux d’ « hérésie » renforcent les autorités, il paraît normal de les obtenir par tous les moyens : en 1252, le pape Innocent IV justifie la torture que ses prédécesseurs avaient refusée.

Pourtant, autour de l’an mil, il n’y avait d’hérétiques que peu nombreux, disséminés ici et là et qui passaient pour des fous. Mieux, entre 1050 et 1100, ils avaient disparu. C’était le temps de la réforme dite grégorienne : l’Eglise mobilisait toutes ses énergies dans le combat pour sa liberté face aux souverains et pour la purgation des mœurs de son clergé, elle avait besoin des ferments d’évangélisme et de spiritualisme des « hérésies ».

Que s’est-il donc passé pour qu’en l’espace de quelques décennies, entre Italie et Allemagne rhénane, Espagne du Nord et Languedoc, se cristallisent des mouvements puissants qui provoquent la frayeur ? Et, chez les papes, le raidissement ?

Un clerc des années 1170 chargé à Rome du dossier des vaudois, ces « pauvres en Jésus », évaluait ainsi le danger : « Ils suivent le Christ nu. Si nous les laissons faire, c’est nous qui serons mis dehors. »

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