Sans l’attentat du 22 août 1962 et son onde de choc, l’élection au suffrage universel du président de la République n’aurait peut-être pas vu le jour.

Camionnette de l'attentat du Petit-Clamart (1962)
Camionnette de l'attentat du Petit-Clamart (1962) © Getty / Keystone France

« Des raisons que chacun connaît… ». Sans l’attentat du 22 août 1962 et son onde de choc, l’élection au suffrage universel du président de la République n’aurait peut-être pas vu le jour.

Les semaines précédentes, les débuts de l’indépendance algérienne avaient été chaotiques. Les nouveaux dirigeants du pays n’en étaient pas maîtres, les européens se sentaient menacés de toutes parts, les harkis pourchassés et égorgés. Mais en France, l’opinion française avait envie de tourner la page. En même temps que l’OAS à Alger brûlait ses dernières cartouches, à Paris les partisans vaincus de l’Algérie française tentèrent encore une fois d’assassiner le général de Gaulle.

L’opération fut baptisée Charlotte Corday. Ce qui indiquait de quel côté les conjurés auraient penché pendant la Révolution et aussi la tranquille assurance qui les habitait : il était légitime de tuer le « chef de l’état de fait » comme il avait été légitime de poignarder Marat, l’assoiffé de sang.

L’affaire faillit réussir. « Pour moi, dit le général, c’eût été une sortie très convenable. » Mais puisque les circonstances lui avaient permis de continuer encore un moment à la table du jeu, il abattit une carte qu’il tenait en réserve depuis longtemps. Un référendum. Et quel référendum : celui qui a légitimé le régime de monarchie élective dans lequel nous sommes encore.

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