Jacques Foccart, conseiller opaque et Monsieur Afrique du général de Gaulle fut chargé de maintenir un lien serré avec les chefs d’état d’Afrique francophone.

 Jacques Foccart lors de la visite de Jacques Chirac au Gabon, 1995
Jacques Foccart lors de la visite de Jacques Chirac au Gabon, 1995 © Sipa / Witt

Pour le général de Gaulle, il y avait, parmi les chefs d’état d’Afrique francophone, ceux qui se conduisaient bien et les autres, les zèbres avec lesquels on ne savait sur quel pied danser.

A l’évidence, au Gabon, Léon M’ba puis son successeur Albert Bongo faisaient partie des premiers.

Jacques Foccart, son conseiller le plus opaque et son Monsieur Afrique, fut chargé de maintenir avec l’un puis avec l’autre un lien serré. Le général avait beau dire que ce n’était pas la question des richesses qui dictait l’attitude de la France, le Gabon était de première importance dans le dispositif militaire français et dans son approvisionnement en pétrole et en uranium.

Foccart, en dépit d’un interlude sous Giscard, servit l’Elysée jusqu’à la présidence Chirac. Mais la réalité d’aujourd’hui ne correspond plus à ce qu’il a mis en place. Au bout d’un demi-siècle de pouvoir familial, l’actuel président Bongo ne peut plus tenir le pays comme son père. Paris ne le soutient plus que d’un fil, lui soufflant par exemple que la sagesse recommanderait de recompter les votes qu’il a obtenus in extremis au dernier scrutin présidentiel. L’hôtel particulier du VIIe arrondissement que le Gabon fait somptueusement restaurer par les meilleurs spécialistes mériterait, en d’autres circonstances, d'être la vedette des Journées du patrimoine, mais la justice française n’est pas loin de considérer que c’est un bien mal acquis.

Ali Bongo, s’il réussit à arracher un sursis, aura tout intérêt à continuer de diversifier ses appuis. Dans une Afrique mondialisée, la Chine, l’Inde, le Rwanda, d’autres encore sont sur les rangs. Il est loin, le temps où son père réclamait et obtenait un ligne directe exclusive entre l’Elysée et son Palais du bord de mer à Libreville.

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