Les Mémoires de guerre du général de Gaulle s’ouvrent à la fois par le rappel des grandes réalisations françaises et l’évocation des aviateurs de la guerre de 14.

Les aviateurs de la Grande Guerre
Les aviateurs de la Grande Guerre © Getty / Mirrorpix

Les Mémoires de guerre du général de Gaulle s’ouvrent à la fois par le rappel des grandes réalisations françaises et l’évocation des aviateurs de la guerre de 14.

C’est bien la preuve que ceux-ci sont devenus indispensables à la geste française

Au premier rang d’entre eux, se tient Georges Guynemer qui, le 11 septembre 1917, décolla sur son Vieux Charles de l’aéroport de Saint-Pol-sur-mer pour ne pas revenir. Le titre d’as des as, fondé sur le nombre de victoires homologuées, revint ensuite à Nungesser et à René Fonck mais Guynemer a toujours gardé quelque chose en plus : l’extrême jeunesse, la beauté, certains allèrent jusqu’à lui prêter la même virginité qu’à Jeanne d’Arc.

Il était l’emblème derrière lequel l’aviation militaire pouvait se rassembler. Elle avait été organisée dès 1912 mais elle n’était encore que la cinquième arme de l’Armée de terre : elle avait besoin de héros pour arracher un statut à part.

De même l’admiration du public avait entouré les aviateurs bien avant 1914

Mais la guerre l’a transformée. A mesure qu’elle devenait plus massive, plus impersonnelle, les aviateurs permettaient d’y ressusciter les figures anciennes et bien connues de la chevalerie, du duel, du tournoi. Avec eux, l’humanité qui désespérait d’elle-même retrouvait ses lettres de noblesse.

Les aviateurs constituaient d’ailleurs une manière d’aristocratie. La vie y était assez libre. Les fantassins fixés dans la boue, le nez dépassant à peine des tranchées ne s’y trompaient pas. Quand leur langue fourchait, ils traitaient les aviateurs de fainéants. C’était négliger que le pourcentage des morts chez les aviateurs battait tous les records. Simplement, ils avaient le privilège de mourir autrement.

Programmation musicale : La légende de Guynemer de Jean Sologne et Renée Visciano (1939)

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