Rediffusion du 17/01/2013

La curiosité pour la Russie est venue assez tard en France. Le voyage est encore chose rare au XVIIe : les routes sont difficiles et les auberges ont la réputation de ne pas offrir de lits.

Le Palais Impérial dit de Paul I, Terrasse du Kremlin - Voyage pittoresque et archéologique en Russie n°70 - André Durand - 1839
Le Palais Impérial dit de Paul I, Terrasse du Kremlin - Voyage pittoresque et archéologique en Russie n°70 - André Durand - 1839 © domaine public

Au temps des Lumières, Catherine II marque sa dilection aux philosophes français sans que ceux-ci se pressent pour venir : D'Alembert met en avant ses hémorroïdes, les autres invoquent la distance, tous redoutent au fond de se retrouver trop près d'un pouvoir arbitraire : Diderot tente l'expérience, il n'est pas mécontent de rentrer. A partir de l'époque romantique, la relation de voyage de Russie devient presque un genre de la littérature française. Le marquis de Custine n'est pas le seul à l'illustrer mais sa leçon, sévère, est la plus retenue car elle a l'avantage de pouvoir être simplifiée : les Russes seraient prédestinés à l'esclavage ! Morale commode, rappelée après la révolution de 1917, par les adversaires du communisme tandis qu’à l'inverse, nombre d'écrivains et d'intellectuels entreprenaient le pèlerinage vers l'URSS pionnière, l'atelier où se forgeait l'homme nouveau. En réalité les Français ont, tous et toujours, été assaillis de doutes. Voltaire avait dit que la lumière venait du Nord, Gide a pensé un moment qu'elle surgirait de l'Est mais qui peut faire la clarté sur la Russie ?

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