Edith Piaf
Edith Piaf © LIDO/SIPA

C’est, dans les concours d’école de journalisme, un pont-aux-ânes. Octobre 1963, Piaf meurt et peu d’heures après, c’est Cocteau. Comment traitez-vous le sujet ? Il est conseillé de répondre, si on connait un peu l’histoire du théâtre, que Cocteau avait écrit pour Piaf une pièce, « Le bel indifférent », représentée en 1940 : Piaf parlait, un homme l’écoutait sans répondre, dissimulé derrière son journal. On peut ajouter que Cocteau avait été très affecté par la disparition de la chanteuse : la sienne en avait été hâtée. Journalistiquement parlant, il faut aussi souligner que les titres de la presse furent très différents : « Piaf a succombé », ce n’est pas la même chose que « Cocteau est mort ». La première manchette suggère que le poète s’était lentement couché, avec majesté tandis que la chanteuse, âgée seulement de 47 ans, s’était dressée sur son séant, jusqu’au bout.

Deuxième exercice, c’est celui auquel a été confronté la Bibliothèque nationale de France en 2015 : Roland Barthes et Piaf auraient l’un et l’autre cent ans, que faire ? Eh bien, organiser une exposition pour chacun et faire figurer dans celle sur Piaf un inédit de Barthes : le brouillon d’une conférence qu’il prépara après-guerre pour l’Institut français de Bucarest. Edith, note alors Barthes, c’est « une petite femme comme toutes les petites femmes, les faibles et les opprimés se retrouvent dans son courage ».

Cocteau dit de Piaf qu’elle est « la vérité haussée dans la lumière », Barthes qu’elle lutte avec cran contre « la grande fatalité de l’injustice ». Toute la mythologie de Piaf est là. Il ne s’agira pas ici de la déconstruire mais de voir comment et à quel prix elle s’est construite.

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