1986. La population étudiante, un million de personnes, était deux fois et demie moins importante qu’aujourd’hui mais de proche en proche, la grève des universités avait gagné les lycées, des parents issus de la génération 68 avaient été de plus en plus nombreux à se sentir concernés.

Plusieurs centaines de milliers d'étudiants et lycéens manifestent le 04 décembre 1986 dans les rues de Paris contre le projet du ministre de l'Education Alain Devaquet sur la reforme des universités
Plusieurs centaines de milliers d'étudiants et lycéens manifestent le 04 décembre 1986 dans les rues de Paris contre le projet du ministre de l'Education Alain Devaquet sur la reforme des universités © AFP / PATRICK KOVARIK / AFP

Pour l’heure, les dimensions du mouvement de ce printemps ne sont pas celles de novembre-décembre 1986. La population étudiante, un million de personnes, était deux fois et demie moins importante qu’aujourd’hui mais de proche en proche, la grève des universités avait gagné les lycées, des parents issus de la génération 68 avaient été de plus en plus nombreux à se sentir concernés. La coordination qui tente aujourd’hui de se mettre en place parait bien maigrelette, regroupant seulement des délégués d’une trentaine d’universités très inégalement impliquées dans la protestation.

Cependant des rapprochements peuvent être tentés

Le projet du ministre délégué à l’Enseignement supérieur de 86, Alain Devaquet, n’était pas sans annoncer celui de Frédérique Vidal aujourd’hui. Le bac était déjà si répandu qu’il ne pouvait plus être considéré comme le premier grade de l’Université, laquelle était invitée à faire des tris à l’entrée. On insistait sur le mot « orientation », aujourd’hui on parle d’ORE, « orientation et réussite ».

Réussite ? Le mouvement a réussi à faire plier le gouvernement mais il a fallu un drame, celui que les responsables de l’ordre en pays démocratique craignent toujours dans les affrontements avec la jeunesse. Malik Oussekine, étudiant à Dauphine d’origine maghrébine, symbole de l’intégration, mourut dans la nuit du 5 au 6 décembre rue Monsieur-le-Prince dans une entrée d’immeuble où une plaque scelle toujours son souvenir. Toute réussite est ratée.

On peut dire aussi soutenir aussi que le l’élargissement du mouvement n’alla pas vers son terme : la coordination des étudiants était déjà dissoute quand les cheminots se mirent soudainement en grève pendant un mois, pour des revendications salariales les concernant seuls. Mais il peut y avoir des échecs réussis ! 

Comment mesurer la fécondité à terme de ce mouvement ? 

Pour « Le Figaro Magazine », c’était clair, cette génération était atteinte de « sida mental ». A l’inverse, d’autres titres de la grande presse parlèrent de « génération morale ». Les socialistes préparèrent sa transformation en «génération Tonton » - Mitterrand soumis à la cohabitation attendait alors son retour.

Retour sur expérience avec Sylvia Zappi, qui fut une des porte-paroles d’un mouvement qui, au moins en matière d’expression des femmes, fit mieux que 68.

Le site du Groupe d’études et de recherche sur les mouvements étudiantes

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.