A peine son film achevé, Maurice Clavel déclare que l’équipe de l’émission "A armes égales" a censuré un mot du film. Un mot seulement. Mais décisif selon Clavel qui prend ses cliques et ses claques et quitte le plateau sur un sonore « Messieurs les censeurs, bonsoir ».

Le journaliste Maurice Clavel en 1974
Le journaliste Maurice Clavel en 1974 © Getty / Jacques Haillot/Sygma/Sygma via Getty Images

Maurice Clavel est un écrivain catholique indomptable qui a été étiqueté d’extrême gauche depuis qu’il a interprété mai 68 comme un immense jaillissement de la parole.

Les circonstances politiques ont fait que celle-ci a été déverrouillée sur la première chaîne de télévision, depuis peu de temps et pour peu de temps.

Ce 13 décembre 1971, Maurice Clavel y est invité à débattre « A armes égales » avec Jean Royer qui, lui, passe pour le Père la pudeur du moment.

Voici donc que,  peu de minutes après le journal télévisé, Clavel peut présenter un film de sa façon. Un film ? Un récitatif, presque un oratorio. Un appel au soulèvement de la vie, au soulèvement de chacun. 

On sait que la majorité des téléspectateurs prévoit de se coucher avant 22h30 mais, ce soir-là,  à 21 heures, ils sont onze millions devant la première chaîne. Beaucoup vont être saisis comme par un  coup au cœur.

Et voici qu’à peine son film achevé, Maurice Clavel déclare que l’équipe de l’émission a censuré un mot du film. Un mot seulement. Mais décisif selon Clavel qui prend ses cliques et ses claques et quitte le plateau sur un sonore « Messieurs les censeurs, bonsoir ».

La brèche ouverte ce 13 décembre 1971 dans la télévision d’état - l’appareil idéologique d’état, disait le philosophe Althusser -  ne sera pas aisément fermée. Trois ans après, Valéry Giscard d’Estaing, élu président, servira ses intérêts en faisant éclater le vieil ORTF qui avait placé l’ensemble de l’audiovisuel public sous le contrôle vétilleux du pouvoir. 

Rencontre-Lecture-Projection : Hommage à Maurice Clavel le lundi 18 décembre 2017 à 20h à la Maison de la Poésie, avec Philippe Artières, Christian Delporte & Jacques Faule

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