Frédéric Mitterrand consacre son dernier ouvrage à la longue relation qui unit « le voleur et son ombre ». Le voleur ? Louis-Napoléon Bonaparte, premier président élu au suffrage universel en décembre 1848 et qui, en décembre 1851, fomente un coup d’état pour ne pas perdre le pouvoir...

Caricature d'Honoré Daumier en 1851 « MM. Victor Hugo et Émile Girardin cherchent à élever le prince Louis sur un pavois, ça n’est pas très solide ! »
Caricature d'Honoré Daumier en 1851 « MM. Victor Hugo et Émile Girardin cherchent à élever le prince Louis sur un pavois, ça n’est pas très solide ! » © AFP / Jean Bernard / Leemage

Frédéric Mitterrand consacre son dernier ouvrage à la longue relation qui unit « le voleur et son ombre ». Le voleur ? Louis-Napoléon Bonaparte, premier président élu au suffrage universel en décembre 1848 et qui, en décembre 1851, fomente un coup d’état pour ne pas perdre le pouvoir qui ne lui a été accordé que pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Son ombre ? Le poète des Châtiments contraint à l’exil et refusant ensuite le retour alors que le président devenu empereur le lui aurait permis.

Ces longues années tumultueuses ne doivent pourtant pas faire oublier les premiers mois où les deux hommes s’étaient frottés. Quand Victor Hugo avait fait la connaissance de Louis-Napoléon Bonaparte, à l’automne 1848, il avait même décidé de le soutenir. Les deux hommes étaient tous deux députés ; Louis-Napoléon avait considéré l’opportunité que lui offrait la décision constitutionnelle d’élire le président au suffrage universel, il s’était présenté et Hugo lui avait apporté le concours de « L’Evènement », le journal que ses deux fils dirigeaient et qu’il inspirait. Sans doute Hugo, de plus en plus attentif à la misère des classes populaires, attendait-il trop de l’auteur de « L’extinction du paupérisme ». Et il avait mal mesuré les ambitions du président qui restait d’abord un prétendant au trône.

Dès 1850, les ponts étaient coupés entre les deux hommes. Hugo n’était plus le bienvenu à l’Elysée, résidence que s’était aménagée Louis-Napoléon. Il n’était pas non plus au diapason de l’Assemblée qui s’enfermait dans le conservatisme au point d’ébrécher le suffrage universel dont elle était pourtant issue.

Et en 1851, la France entière devinait qu’il fallait trouver une issue. Louis-Napoléon rêvait ouvertement du trône de son oncle. Beaucoup de conservateurs songeaient à une restauration de la famille d’Orléans. Et Hugo était bien seul.

Bibliographie

Frédéric Mitterrand Napoléon III et Victor Hugo : Le duel XO Editions

Charles de Rémusat Mémoires de ma vie Perrin

Karl Marx Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte Nouveau Monde Editions

Eric Anceau Napoléon III : un Saint-Simon à cheval Texto

Victor Hugo Les châtiments

Victor Hugo Histoire d'un crime

Victor Hugo Napoléon le Petit

Programmation musicale

Johann Strauss fils Polka de Varsovie, op. 84 par l’orchestre philharmonique de Kosice dirigé par Olivier Dohnanyi

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