Jeanne d'Arc interrogée dans sa prison par le cardinal de Winchester - Paul Delaroche 1824
Jeanne d'Arc interrogée dans sa prison par le cardinal de Winchester - Paul Delaroche 1824 © Toffelginkgo / Toffelginkgo

Le président de la République n'a pas constitué de comité officiel pour le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne, fixée à la date convenue de 2012. Mais, avant même les cérémonies d'Eglise à Domrémy prévues en mai, il a invité Jeanne dans sa campagne. Ce qu'il y a de commode, avec notre système de monarchie élective, c'est que chaque scrutin présidentiel réveille automatiquement l'imaginaire national. Il n'y a même pas besoin de le prédire, cela a lieu automatiquement. Nicolas Sarkozy pose donc dans le Figaro Magazine du 11 février en tête-à-tête avec un buste de Jeanne, en attente sans doute d'une transfusion de sens tandis que le Parti socialiste, classiquement, affirme: pas de récupération de la Pucelle !

Il est tout aussi classique de dire que le sentiment national naissant a été révélé –réveillé ? par la chevauchée inouïe de Jeanne l'an de grâce 1429. Mais, au moment où nous allons nous situer aujourd'hui - le procès de 1431- les opinions ne sont aucunement stabilisées. Nul, en tout cas, ne songe à dire, à l'époque, qu'elle est une sainte ! L'enjeu du procès est, en revanche, de la présenter comme sorcière et hérétique. Et là, pour beaucoup, c'est pousser le bouchon un peu loin. Les audiences ne suscitent pas le scandale, elles provoquent une gêne. Et le supplice, expéditif, une certaine pitié, même à Rouen l'anglaise.

Les protagonistes sentent bien que l'affaire n'est pas ordinaire. Ils sont, en réalité, au départ d'une histoire judiciaire hors du commun; en même temps que l'image de Jeanne, c'est leur honneur, leur réputation pour les siècles des siècles qui est en jeu.

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