Depuis maintenant près de trente ans, nous avons l’impression de marcher sans discontinuer sur un tapis roulant d’affaires politico-financières.

Depuis maintenant près de trente ans, nous avons l’impression de marcher sans discontinuer sur un tapis roulant d’affaires politico-financières. Non pas qu’elles n’existaient pas auparavant. Octave Mirbeau, en 1903, avait titré une pièce : « Les affaires sont les affaires ». On l’a reprise il y a peu et le public s’y est reconnu. Les vieilles combines qui déclenchent le tapage des casseroles sont assurées d’un succès durable.

Mais une nouvelle génération d’affaires a fait son chemin. Très internationalisées, elles demandent, pour être débusquées, qu’on entre dans les boites noires de la mondialisation. Des unes comme des autres, des magistrats ont tenté de se saisir. Ils affirment que le droit est une construction vivante qui doit rejoindre les nouveaux risques. Et que l’enjeu des contrôles qu’ils effectuent est rien moins que la démocratie : plus les citoyens la soupçonnent plus ils sont tentés de l’abandonner. Et, ajoutent-ils, si leur pouvoir s’accroît, c’est que les politiques, en perdant de leur autorité morale, le leur livrent.

A la fin du siècle dernier, un simple couloir du Palais de Justice abritait la galerie financière puis se forma un pôle économique et financier installé symboliquement dans l’ancien immeuble du Monde. Là où les motards du journal portaient ses exemplaires vers les lieux de pouvoir, partent maintenant les convocations redoutées. Depuis 2014, le pôle est devenu un parquet autonome, avec son procureur propre. On en est arrivé à ce point de bascule présentement et on sait que les institutions nouvelles jouent souvent leur avenir dans les toutes premières années.

Programmation musicale : Toujours debout, Renaud, sur l'album "Toujours Debout" (2016), LABEL PARLOPHONE

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