Laval était arrivé au ministère dans des circonstances tragiques : en octobre 1934, son prédécesseur immédiat, Louis Barthou, avait été assassiné à Marseille avec le roi Alexandre de Yougoslavie.

Pierre Laval président du Conseil lors d'une allocution radiodiffusée en 1931
Pierre Laval président du Conseil lors d'une allocution radiodiffusée en 1931 © Getty / Keystone-France

La conférence de Stresa est oubliée. En 1935, alors que l’Allemagne de Hitler se prépare au réarmement,  elle réunit pour la dernière fois  les grands alliés de 1918. L’Italie reçoit, la France a réussi à convaincre les Angleterre de venir. Mais le résultat de la rencontre est mince : on affirme que les traités issus de la victoire ne peuvent être répudiés et on forme des vœux pour le maintien de la paix.

Le ministre français des Affaires étrangères, toute cette année 1935, c’est Pierre Laval.

Le Quai d’Orsay avait longtemps été l’apanage d’Aristide Briand qui avait défendu le multilatéralisme qui s’ébauchait à Genève à la Société des Nations. Briand était mort et la politique de sécurité collective s’était échouée sur le récif du nazisme.

Laval était arrivé au ministère  dans des circonstances tragiques : en octobre 1934, son prédécesseur immédiat, Louis Barthou, avait été assassiné à Marseille avec le roi Alexandre de Yougoslavie. Barthou incarnait une autre grande idée, l’alliance à revers : il s’agissait de maintenir contre l’Allemagne une entente resserrée avec les pays d’Europe centrale - Pologne, Roumanie, Yougoslavie justement.

Qu’allait faire Laval de ce double héritage de Briand et de Barthou ? Il était diversement apprécié au Quai mais il y disposait d’un peu de temps. Allait-il imaginer des  stratégies adaptées au danger hitlérien ?

Il a manqué à Laval d’en prendre la mesure ! Jeune  député pendant la Grande Guerre, il était resté étranger aux réalités militaires. Et ensuite, son indéracinable pacifisme ne lui avait pas permis de prendre conscience de la nouvelle donne continentale. Il croyait que l’Europe d’Hitler, Mussolini et Staline ressemblait, tous comptes faits, à un champ de foire de sa chère Auvergne et qu’il pourrait s’arranger avec les uns et les autres. Et toper là pour la paix. La paix ? Un cap mais dans son cas, une monomanie. On en aura confirmation à Vichy en 1940.

Bibliographie :

Pierre Laval. Un mystère français de Renaud Meltz (Perrin).

Alexis Léger dit Saint-John Perse de Renaud Meltz (Flammarion).

Au cœur de l'Allemagne nazie de Xavier de Hauteclocque (Arthaud).

Les entretiens oubliés d'Hitler (1923-1940). "On m'insulte en répétant que je veux faire la guerre" de Eric Branca (Perrin).  

Programmation musicale : Chanson de l'eau Aubervilliers, chanté par Catherine Sauvage, paroles de Jacques Prévert.

Les invités
  • Renaud MeltzProfesseur en histoire contemporaine à l'Université de Haute-Alsace
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