"L'Assemblée en récréation". Caricature de Cham représentant l'Assemblée nationale constituante (4 mai 1848 - 26 avril 1849)
"L'Assemblée en récréation". Caricature de Cham représentant l'Assemblée nationale constituante (4 mai 1848 - 26 avril 1849) ©

Sous Napoléon, comme toujours, les choses étaient carrées : un surintendant pour les quelques théâtres que Sa Majesté veut bien laisser vivre et, à la Comédie française, beaucoup de Corneille ! Dès la monarchie constitutionnelle, la camisole de force va craquer et l’offre théâtrale s’étendre : ce sera une tendance irrépressible. Au début du XIXème, l’ouverture de chaque salle mais aussi la représentation de chaque pièce nécessitait une autorisation. La censure préventive mit davantage de temps à disparaître. Elle s’éteindra lentement, par extinction du budget destiné à la financer.

Chaque année, les parlementaires discutaient en effet précisément du financement de tout ce qui concernait l’opéra et le théâtre. Au XIXème, la scène est un sujet très présent à la tribune. C’est un sujet sur lequel il est possible d’intervenir sans préparation technique, qui permet des morceaux de bravoure et offre en outre la liberté de brouiller les clivages politiques. Combien de fois des députés de gauche se sont-ils offert une image d’hommes d’ordre en réclamant la censure contre des pièces réactionnaires et combien de fois des députés de droite ont-ils défendu contre leur apparence l’idéal d’un théâtre pour le peuple ?

Que se passerait-il si on offrait beaucoup plus de places à prix réduit ? Si on subventionnait des projets plus que des lieux? Si on créait des lieux adaptés là où les spectateurs ne les attendent pas ? Etc… Les questions qu’on identifiera plus tard comme celles de la décentralisation et de la démocratisation sont déjà présentes. Ces questions demeurent aujourd’hui à chaque échelon local mais qui songerait encore à les poser au Parlement ?

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