C’est la IVe République qui a ouvert la voie de l’émancipation aux colonies d’Afrique noire. En votant notamment en 1956 une loi-cadre, la loi Defferre, qui prépare les transitions pour éviter en Afrique subsaharienne les violences de l’Algérie.

Négociations du 18 janvier 1960 pour l’indépendance du Mali
Négociations du 18 janvier 1960 pour l’indépendance du Mali © Getty / Keystone-France

En permettant l’élection de députés africains par des sujets « évolués » devenus citoyens, en transformant le ministère des Colonies en ministère de la France d’outre-mer, surtout en votant en 1956 une loi-cadre, la loi Defferre, qui prépare les transitions pour éviter en Afrique subsaharienne les violences de l’Algérie.

Revenant au pouvoir en 1958, De Gaulle, qui a un rapport particulier à l’Afrique depuis l’époque de la France libre, propose aux territoires africains une Communauté qui rassemblerait sous une forme fédérale ou confédérale, on ne sait trop, les Français et les Africains dans un ensemble de cent millions d’habitants.

La France y garderait  le contrôle d’un domaine commun, avec les affaires  étrangères, la défense, la monnaie, la politique des matières premières. Pour le reste, elle laisserait la conduite de la vie intérieure quotidienne aux nouveaux gouvernements africains.

Cette communauté fait l’objet d’un titre particulier de la Constitution de la Ve République qui est proposée par un référendum en septembre 1958 aux Africains comme aux Français.

C’est seulement si les pays du continent votent non qu’ils se retrouvent indépendants, qu’ils font sécession – dit de Gaulle. La Guinée est seule dans ce cas.

Mais la Communauté ne durera qu’un instant.  Dès 1960  a lieu la ruée sur les indépendances, pour reprendre le mot de Michel Debré.

De Gaulle fait le deuil de son rêve. Il ne reviendra plus jamais en Afrique noire mais multipliera les accords bilatéraux ou multilatéraux qui permettront à la France de garder en Afrique une influence qui garantit aux yeux du monde qu’elle n’est pas une puissance modeste.

Bibliographie 

  • De Gaulle et la décolonisation de l'Afrique subsaharienne de Philippe Oulmont, Maurice Vaïsse, Fondation Charles de Gaulle (Karthala).
  • L'Afrique noire française. L'heure des indépendances de Charles-Robert Ageron, Marc Michel (CNRS).
  • La fin de l'empire colonial français en Afrique de l'Ouest. Entre utopie et désillusion de Tony Chafer (PU Rennes).
  • Les indépendances en Afrique. L'événement et ses mémoires (1957/1960-2010) de Odile Goerg, Jean-Luc Martineau, Didier Nativel, Catherine Coquery-Vidrovitch (Préfacier), Collectif (PU Rennes).

Sur Arte, le documentaire "Décolonisations". Le bouleversement mondial, réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Il comprend trois volets : 

  1. L’apprentissage 
  2. La Libération 
  3. Le monde est à nous
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.